‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 105 sur 150 · LIV. III. SECT. II. CHAP. T · texte numérisé non relu

LIV. III. SECT. II. CHAP. T

lement pour tous, même sans qu'il s'en rende compte; il hii suffit y pour rendre sa carrière honorable et méritoire , dy porter y comme une intention, ta vue de cette même utilité commune qui en doit être le résultat. Ces considérations ne sont point affaiblies par rinégalité qui résulte de la diversité des conditions sociales. Ce n est pas qu*il faille regarder comme un avantage abscdu les effets qui résultent de cette inégalité pour entretenir l'activité par l'émulation ; car cette excitation aurait d'extrêmes dangers j si les ambitions impatientes qu'elle tend à faire naître n'étaient contenues par la morale. Mais, sous le point de vue moral , cette disproportion fait éclore des vertus nouvelles, introduit entre les hommes des liens nouveaux et sacrés. File relève le mérite de la probité ; elle appelle la modération à savoir trouver une vertu dans le contentement, à se défendre de l'envie; elle provoque des échanges de services d'une autre sorte, mais qui ont aussi un grand prix : de même que la variété des conditions fournit la matière des transactions , et devient ainsi l'occasion d'un exercice continuel pour la confiance et la bonne foi, l'inégalité des conditions entretient un autre genre d'échanges : elle entretient le commerce de la générosité avec la reconnaissance. Dans ce commerce , celui qui occupe la condition supérieure n'a point , comme il semble au premier abord, le privilège de rendre seul des services; il en reçoit, et de plus importans peut-être : en retour du bien qu'il a fait, il obtient ces affections qu'aucun sdaire n'eût pu acheter, ni acquitter; il reçoit aussi Tinstruction la plus nécessaire à tous les hommes , et celle que lui refusait cependant son expérience propre et onli-

Page 1