‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 127 sur 150 · LIT. 111. SBCT. II. CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIT. 111. SBCT. II. CHAP. VIII

coupe amère de la douleur, puissiez-vous comprendre tout ce qu'elle renferme d'alimens substantiels et restaurans, de précieux remèdes pour les maladies de Tâme! Acceptez-la avec courage, avec reconnaissance même ! Et vous qui remplissez la touchante mission d'assister le malheur, persuadez-vous bien que vous avez à peine ébauché l'accomplissement de ce ministère sacré, lorsque vous avez porté les secours et soulagé les besoins du corps I Ce sont aussi des consolations , que vous êtes appelés à distribuer; c'est la puissance de la tendre affection , qu'il faut faire sentir au cœur affligé, et, pour y parvenir, il faut pénétrer jusqu'à lui , obtenir sa confiance, succès bien plus difficile qu'on ne pense. C'est un ami qu'il faut donner au malheureux, pour donner un médecin au malheur. Mais surtout, et voici ce que votre ministère a de plus auguste et de plus utile, voici le dernier bien&it, bienfait dont le lien d'affection que vous aurez établi sera le moyen nécessaii;e : relevez ce cœur abattu , apprenez-lui à ne point désespérer de lui-même; aidez-le à découvrir, dans l'épreuve qu'il subit, toutes les instructions qu'elle renferme, à les recueillir; c'est à celui dont il se sent chéri et protégé, qu'il appartient de lui faire trouver dans son infortune le moyen de devenir meilleur.

De tous les mystères de la douleur, le plus profond , le plus terrible, est celui qui est réservé précisément aux âmes les plus pures, lorsque les affections les plus saintes viennent se convertir pour elles en peines déchirantes; lorsqu'il faut recevoir les cruels adieux de l'être auquel on dévouait sa vie, renoncer à la douceur d'exister pour lui ; lorsqu'on ne peut plus entendre les

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accens de cette voix qai excitait au bien, tenir cette main qui guidait dans les sentiers du devoir^ confondre son cœur dans un cœur excellent; lorsqu'on se voit enlever son guide , son appui, son confident le plus intime ; lorsqu'on voit disparaître cette image tIvante et sensible dans laquelle la vertu elle-même semblait s*étre personnifiée pour se faire entendre et voir. Vétérans de la douleur ^ vous qui avez exploré le secret de toutes les souffrances , dites-nous s'il est une explication pour cette dernière épreuve! dites-nous s'il est quelque moyen pour la rendre encore utile à notre amélioration j alors qu'elle nous^ ravit les plus puissans secours dont nous nous aidions! Oui : et ici encore sont renfermées des leçons austères, sans doute, mais sublimes ; elles seront fructueuses pout ceux qui sauront en être dignes. Elles se rattachent à une haute instruction qui est comme le terme de notre éducation morale, et qui, pour ce motif, est contenue dansT^ preuve de la douleur, parce que la douleur devait achever, en effet, notre perfectionnement. Tous les mystères de la douleur se résolvent, en définitive, dans la pensée religieuse; car là seulement ils peuvent pleinement s'expliquer. Élevons nos jregards à ces grandes perspectives! Alors, et seulement alors, se révéleront toutes les utilités cachées dans les épreuves de la vie présente. Alors deviendra intelligible , pour le cœur sensible et tendre, cette sentence affreuse qui le condamne à une viduité passagère; alors, il comprendra et le vrai caractère et le but suf»réme de ces affections qui faisaient ses délices; il découvrira qu'elles peuvent s'élever encore à un plus haut degré de pureté; il goûtera une nouvelle manière de servir et

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