‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 129 sur 150 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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L'hommb naît avec des facultés et des penchans, il naît soumis à des lois qui gouvernent ou doivent régler les unes et les autres : voilà tout ce qu'il apporte avec lui en venant au monde* Nous demandons souvent à lenfance ce qu'elle ne peut posséder en propre^ comme s'il y avait un fonds réel et primitif dont elle dût être déjà en jouissance; en même temps, et par une erreur contraire y nous accablons l'enfance de choses factices, quand il faudrait l'aider surtout à entrer en possession des biens qui lui sont destinés. On s'étonne de ne pas trouver des vertus innées. « Les enfans « sont sans pitié, » dit-on, et il faut que la chose soit bien vraie , puisque le bon Lafontaine en est convenu; mais on ne remarque pas que la pitié suppose une suite de réflexions dont l'enfance est encore peu capable. « Les enfans sont égoïstes, » dit-on encore; mais on ne remarque pas que les enfans ont peu de chose à pouvoir donner , et c*est en donnant qu'on s'exerce à aimer. La première enfance est sous la domination des facultés passives; elle prélude nécessairement, par la vie sensuelle, aux ordres de vie supérieurs; elle subit donc les conditions qui en dépendent. Cependant, considérez d'un œil £^ttentif le sourire de cet enfant en-

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