LIV. III. SEGT. II. GHAP. IX
core au berceau, quand il reçoit les caresses de sa mère ! vous découvrirez là quelque chose que vous n'apercevriez dans les traits d*aucun animal j quelque apprivoisé qu'il puisse être; vous y apercevrez comme un crépuscule de la vie morale , comme une fleur précoce de l'amour. Les enfaus apprennent bientôt la douceur d'être aimés; les enfans acquièrent promptement la notion de la justice ; ils ont de la justice une idée singulièrement nette y un sentiment très- vif. On trouve, chez les enfans ce qu'on doit y trouver : des germes , des embryons, qui se développeront à l'aide d'influences favorables : mais leur croissance, trop souvent aussi, sera contrariée par des circonstances fâcheuses, et peut-être par la maladresse des instituteurs euxmêmes. La personnalité se montre souvent à nu dans le premier âge ; est-elle plus puissante en effet, que dans les âges qui suivent? ou bien se montre-t-elle seulement avec plus d'ingénuité et de candeur? D'ailleurs, elle n'est point encore éclairée par la réflexion et lexpérience qui la réconcilieront plus tard avec le dévouement désintéressé.
Des deux grandes puissances morales qui régnent dans l'homme et qui doivent le conduire à son perfectionnement, l'amour du bien est la première qui se montre dans tout son éclat , et la chose devait être ainsi : car il faut d'abord concevoir le but , y aspirer, se pénétrer d'ardeur pour y atteindre avant de rassembler et d'obtenir tous les moyens qui seront nécessaires pour y conduire. Aussi semble-t-il être la dot accordée à la jeunesse : il a pour die des charmes tout particuliers ; il semble s'allier à elle avec une sorte de prédilection. Est-il sur la terre un spectacle plus ravis-