LIT. III. SECT. II. CHAP. IX
plus porter aucun esprit de retour; et quels intérêts réels sur la terre subsistent en efFet pour la vieillesse, si ce ne sont ceux que la bonté vient lui composer! Enfin j quel prix inestimable dans ses dons ! N'est-ce pas elle qui est appelée à répandre parmi les bommes les plus vrais et les plus utiles des bienfaits , savoir : les exemples et les conseils \ La vieillesse est une magistrature instituée dans Tordre de la nature , par la Providence elle-même; elle ennoblit, consacre, purifie celui qui l'exerce dignement; on s'améliore toujours soimême lorsqu'on travaille à l'amélioration des autres. Mais, pour remplir cette mission , la vieillesse doit être accessible; elle doit appreiidre le langage de ceux qu'elle est appelée a instruire, pour pouvoir s'en faire entendre ; par un beureux retour, elle se ranimera , s'attendrira y dans leur commerce. N'est-ce pas ce que lui annonce ce secret instinct qui la conduit vers l'enfonce? Elle se complaît auprès de l'enfance, parce que c'est l'enfance surtout qui a besoin de recueillir, sous sa protection, ces leçons que ne donnent point les livres, et de se former auprès d'elle aux habitudes du respect; elle se complaît à retrouver, dans l'enfance, l'image de ces vrais biens, que le temps n'altère pas, et que l'expérience de la vie fait toujours mieux apprécier, de ces biens dont la candeur est l'emblème, dont l'innocence est le gage. On dirait que cet aimable rapprochement opéré par la bonté entre la vieillesse^ et l'enfance, est comme une sorte de bénédiction donnée à ceux qui entrent dans la vie terrestre, par ceux qui sont près de la quitter.
Il y a, pour les femmes, une différence bien moins sensible que pour les hommes , entre l'adolescence et
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la maturité morale : aussi atteignent-elles bien plus tôt leur maturité relative, et conservent-elles bien mieux tous les dons de leur adolescence. Kamour du bien semble prévaloir cbez elles, comme Tempire de soi cbez les hommes : elles ont tous les avantages qui sont dus à la prééminence de cette belle puissance , comme elles sont exposées aux dangers qui naissent de la rup« ture de l'équilibre moral. Par suite de cette prééniinence elle-même, elles ont le privilège d'être , à chaque instant appelées à l'exercice du dévouement : aussi ont-elles été éminemment douées du pouvoir d'râier et de celui de s'oublier elles-mêmes. Elles ont le bonheur de pouvoir porter, dans l'accompHssement de chaque devoir, une affection privée; tous les devoirs sont pour elles spéciaux, personnifiés. Elles ont le bonheur aussi d'avoir àremjdir des vartus plus obscures et en même temps plus continues. La carrière du perfectionnement semble se circonscrire pour elles dans des limites plus rapprochées : aussi avaoceiit-elles bien plus loin que les hommes dans cette carrière , et y avancentelles phis généralement. Leur nature semble s'agrapdtr et s'élever à mesure que des circonstances plus difficiles viennent demander davantage à la générocdté de leur désintéressement , à mesure qu'il s'offre à elles une plus large occasion d'aimer et de prouver combien eHes aiment. L'immoktion leur est-elle demandée? ^kes triomphent. Get ex^nple nous ramène, d'une mamère sensible, à une vérité fondamentide et bien nécessaire à concevoir : c'est que le perfectionnement est relatif pour chaque individu. Rien ne diffère cbivantage que la carrière de perfecticmnement ouverte aux deux sexes, quoique le but général et absolu soit