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ritable amour qu ont protégé rinnocence de la vie et la droiture de Tâme, retrouve encore sa chaleur sous les glaces de Vàge; il se recueille, riche de tout ce qu'il sut acquérir /pour verser encore alentour ses dernières influences 9 pour célébrer , comme une ovation solennelle , ce temps qui prépare à<le nouvelles et augustes destinées.
Il est dans la destinée de la vieillesse, de recueillir ou de subir les conséquences des années qui ont précédé. Rien n'est plus tnste, sans doute, que cette décrépitude de l'âme par laquelle se termine une vie toute dévorée par la personnalité; mais aussi quels alimens trouve dans ses souvenirs celui qui consacra sa vie à la recherche du meilleur! Il semble que la vertu, en voyant approcher l'heure de sa récompense, se ranime, comme pénétrée d'une secrète joie. Les années de ta vieillesse sont le portique qui introduit au temple; elles ont déjà la majesté du grand avenir. Du reste , gardons-nous de croire qu'il y ait rien de fixe, d'inévitable, de nécessaire, dans la condition morale de l'homme en ce monde : il est temps encore dans les dernières années, dans les derniers jours de la vie, de revenir à cette vertu qui, comme une amie indulgente, est toujours prête à nous accueillir; quelques progrès que nous ayons faits, il s'ouvre encore pour nous une carrière de progrès nouveaux , dans l'âge même du repos ; la période de nos viettx jours est encore celle d'une éducation, et de quelle éducation ! Car à quelle destination elle doit nous conduire ! quelques ressources lui manquent, sans doute : si elle rencontre quelques obstacles qui lui sont propres, si elle a à se défendre de la lassitude, de l'abattement, de la timidité, de l'inertie, d'un asservissement fâcheux
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aux habitudes contractées^ peut-être aussi d'une secrète disposition à la défiance, d'un autre côté, la vieillesse a moins d'ennemis à combattre; elle a de nombreux et puissans secours; elle recueille tous les fruits de cette expérience de la yie^ qui, bien interrogée, n^'est autre chose qu'un grand enseignement de la vertu ; elle respire une atmosphère de calme et de sérénité. Cette éducation qu'elle peut encore se donner à elle-même consistera en deux points principaux : à chercher et à saisir tous les moyens d'entretenir l'activité morale, et à se rapprocher des autres hommes par la condescendance et la bonté. De la sorte , l'énergie de la volonté sera soutenue , pendant que les affections viendront chaque jour se ranimer. Ces deux conseils, au reste, sont étroitement liés entre eux : car la sphère d'activité qui reste ouverte à un vieillard est surtout celle qui a pour objet de répandre des bienfaits sur les autres hommes. Oh ! qu'elle ne se plaigne point de son inutilité prétendue ! Y a-t-il une puissance plus réellement bienfaisante que celle qui lui fut départie ? La bonté devient en elle plus aimable, plus touchante; l'attendrissement se mêle à la vénération qu'elle inspire; les paroles qu'elle nous adresse sont augustes et tendres comme des adieux. Voyez toutes les merveilles que sait encore produire cette bonté des vieillards ! Ce sont les fleurs de l'automne qui naissent en abondance sous leurs pas; ils ne sont occupés qu'à prévoir pour ceux qu'ils chërissent; on dirait qu'ils ne possèdent plus que pour donner; cette générosité qui les anime , se hâte de répandre les dons, comme craignant de n'en avoir plus le temps ; cette générosité est bien plus entière, bien plus absolue : car, dans le commerce des bienfaits, elle ne peu(;