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Gompenae au centuple, en les instruisant, ceux qui 9 aj^ochent d'elle pour la secourir : combien de Ibis ils ont rougi, en considérant tant de patience, de rési<gnatk», de douoeur, chez ces êtres sociffrana, aban* donnés, dédaignés! Que ne peuit-oii conduire à un tel spectacle cette jeunesse qu on croit instruire avec des livres! que ne peut-on ouvrir à tous I^ regards les portes de ces humbles asiles! QuHls viennent, qu'ik voient, ceux qui, préparés par leducation , soutenus par l'opinion et les xegards du monde , ayant si peu d epreuves à subir, tant d'aides pour les assister, osent cepc^ndant, du sein de toutes les jouissances de {a vie, élever des doutes systématiques sur la liberté humaine et la réalité de la vertu ! qu'ils viennent ces hommes qui , en coojtestant a'notre nature ses plus belles prérogatives, affectent cependant quelquefois tant d'orgueil! qu*ik voient, qu'ils s'humilient ! qu'ils apprennent tout ce qu'il y a de grand, de vrai, de sérieux, dans les destinées Ittimaines! qu'ils trouvent ici le remède à leur fiivolité €t la réponse à leurs sophismes !
: Dès les premiers âges de la civilisation, les peuples rangèrent au nombre des demi-dieux les personnages qui s'étaient signalés par une suite de grandes et belles actions; on supposait que ces héros avaient dû conserver avec la nature divine pne consanguinité plus {uro* c^aine; on se complaisait 4 mettre le souvenir de leurs exemples sous la sauvegarde du culte public, à ajouter à l'autorité de ces exemples toute la puissance de la religion; c'était une sorte de culte qu'on instituait en l'honneur de la vertu. Combien le christianisme a étendu et épuré ces vues ! il a choisi les modèles dans toutes les contrées de la terre , dans toutes les conditions de la
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société; c'est lui qui a enfin appris au inonde k honorer les vertus obscures; il a fait sortir ses héros du sein des plus humbles professions; il les a fait apparaître sous les haillons de Tindigence; il a contraint notre orgueil et notre irivolité à se posterner en leur piésence. H a trouvé des ex^viples pour chacun de nous; il en a trouvé surtout pour ceux qui ont le plus besoin de se*cours. -~
Le vulgaire tire la règle morale, de Tautorité des exemples ; tandis que l'exemple n*a lui-même d'autre au* torité réelle que celle de la règle qu'il est destiné à mettre en lumière. Souvent , sans souscrire prédsément à ce préjugé, on conclut cependant par induction : on suppose que tout ce qu'on voit faire à des hommes vertueux peut servir de modèle, ou du moins d'excuse : c'est une erreur. Les gens de bien ne sont pas toujours parfaitement cooséquens à eux-mêmes; ils ont leurs ano* malies; ils ont leurs erreurs que de louables intentions peuvent racheter; il y a en eux aussi des choses qui sont liées et à l'ensemble de leurs situations , et à leurs vertus dles-mémes; c'est une espèce de privilège qu'ils ont acquis. Soyons bons autant qu'eux ^ avant de prétendre j participer!
L'esprit de contradiction aeiid>le avoir été placé à côté de la disposition obséquieuse à l'imitation méca-^ nique, comme pour lui servir d'antidote. Le sentiment de notre liberté et les besoins d'indépendance qui sont innés en nous, lorsqu'ils ne sont pas entièrement étouffés, réagissent contre toute usurpation qui tend à noua asservir. Aussi, se manifestent-ils d'autant plus, que la, prétention de nous asservir se découvre plus ouvertement. Aussi, l'esprit de contradiction semble-^il avoir,
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été plus particulièrement départi aux êtres faibles : menacés^ ils y trouvent une protection; opprimés , une vengeance. Si Thomme faible ne peut défendre sa liberté dans les choses essentielles ^ il 's'en consolera dans les petites; s*il ne peut résister aux actes^ il censurera les motifs; et Ion verra ce contraste d'une faiblesse qui obéit à l'exemple donné, et d'une liberté d'esprit qui, en condamnant ce même exemple, se dédommage de sa servitude. Toutefois, l'esprit de contradiction sert mal quelquefois la cause pour laquelle il paraît s employer : il ne cherche pas ce qui est meilleur en soi, mais ce qui est opposé à ce qui existe : il ne tend pas au but , il lui suffit de dévier de la route commune. Son office devrait être de critiquer , seulement pour préparer à un examen impartial, de rompre les chaînes de l'imitation ins^ tinctive^ pour rendre à Tàme cette libre activité qui , plus tard, s'exercera dans une imitation réfléchie*
LWgueil aussi repousse les exemples, ttiais parce qu'il se refuse à reconnaître toute supériorité ; et la supériorité morale , étant la plus réelle, doit l'importuner plus qu'aucune autre. Il dédaigne les secours ; il veut s'isoler. On dirait que le vrai et le bon eux-mêmes ont tort à ses yeux, venant d'autrui. Il devient capricieux, bizarre, en se croyant original. Ceux qui rejettent les exemples sont ordinairement ceux auxquels ils seraient le plus nécessaires. Un de leurs grands avantages est précisément de servir de remède à notre orgueil. Qu'ils soient donc bénis, ceux qui nous ont légué ce riche héritage, ceux qui, en nous précédant, nous ont aplani les voies! Qu'ils continuent à être présens au mi« Heu dé nous, entourés de notre vénération et de notre reconnaissance : ils furent nos vrais instituteurs et nos