‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 96 sur 150 · LIV. III. SECT. II. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. III. SECT. II. CHAP. III

pire de soi toute l'autorité qu'il peut recevoir du recueiUement et de la connaissance de soi-même ; de préparer ainsi les alimens les plus substantiels à Théroïsme de la vertu. Mais si le régime de la solitude est absolument persévérant et continu , il lui manquera et les secours qui naissent des instructions de l'expérience , et l'exercice pratique des vertus actives, et cette utile influence que l'empire de soi retire du choc des obsta- <:les extérieurs. On arrivera plus promptement et plus facilement à un perfectionnement partiel, opportun sans doute pour celui que ses devoirs retiennent dans une sphère concentrée; mais on atteindra bien moins à ce per fectionnement général qui , embrassant toutes les appli cations, est la destination de ceux queleurs devoirs appellent à se répandre au-dehors. La solitude continue est un régime d'exception (i). La solitude discontinue est le régime qui convient à la plupart des hommes. Il en est, pour le perfectionnement moral, du passage alternatif de la retraite à la vie du monde, comme il en est, pour le progrès des sciences, du mélange delà théorie à l'observation. Ce sont deux termes qui s'appellent l'un l'autre, et qui se fécondent mutuellement. La solitude a ses exagérations , comme la théorie a ses systèmes gratuits. La solitude et la théorie peuvent à la rigueur se passer plus souvent du commerce du monde et des arts d'observation , pour recueillir quelques fruits par eux-mêmes ; mais le véritable et Intime emploi des premières doit être de préparer et de résumer les

(1) Il n'est pas besoin de rappeler qne la philosophie morale est le seul objet des méditations présentes, et qn*ainsi nons ne considérons point le sujet sons le point de vue ascétique.

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