OBSERVATION XX VII — D' DELORME
Un garde de Paris, malade depuis quatre jours, entre dans le service de M. Delorme, au Val-de-Grâce, en mars 1891. Sans cause connue, il avait été pris d’un mouvement fébrile intense (39° le soir), accompagné d'un gonflement sus-hyoïdien unilatéral. |
À ce moment on constata un gonflement squirrheux considérable de la région sous-maxillaire avec rougeur de la
peau, sans fluctuation nette et ædème de la face; la sensa-
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30 ; (1) Bulletins de la Société de chirurgie. Séance du 13 juillet 1892. 5 - Ë = P- 509,
tion de refoulement de la langue, la salivation abondante, la gêne considérable de la déglutition et, par-dessus tout, la constatation du bourrelet muqueux dur, violacé, que l'on pouvait voir à travers Île faible écartement des arcades dentaires, firent porter le diagnostic de phlegmon sublinoual. |
Une incision pratiquée au niveau de la loge sous-maxil- Jaire ne donna issue à aucun liquide et, / our éroucer lo pus, il fallut inciser le muylo-hyoidier. La section de ce muscle fit sortir une quantité notable de pus bien lié, dans lequel M. Maubrac reconnut la présence du staphylocoque doré. Dans ce cas, on constata aussi avec le doigt la présence d'une cavité sous-muqueuse, mais peu étendue; pas de communication large avec la bouche. Lavages antiseptiques souvent renouvelés
Soulagement immédiat. Guérison rapide. Le bourrelet remplissant le sillon gingivo-lingual peut être constaté pendant plus de trois semaines après la guérison de la plaie.
Un pointencore à relever : à partir du moment où Ce ma- Jade commença à manger, il éprouva une faim et une soif insolites; l'examen des urines démontra la présence jourpalière de plus de 60 grammes de sucre. Or, avant l'entrée du malade dans le service, il n'avait pas présenté ces symp-
tômes de diabète.