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d'une ulcération dans sa gorge, mais l'examen direct ne fit voir aucune ouverture fistuleuse; de plus la malade n'avait jamais rejeté de pus, dans son expectoration. Elle put quitter le lit vers le 16 juin. |
OBSERVATION VI, — HEYFELDER (1).
G...(F.), 87 ans, figure pâle, d'aspect cachectique, goutteux depuis environ sept ans.
Vers la fin du mois d'août de 1837, il fut exposé, se trouvant en voyage, à des refroidissements répétés, à la suite desquels il se sentit très fatigué.
Le 30 août, courbature, douleurs dans les reins, frissons répétés, suivis de bouffées de chaleur. En même temps, douleur très vive dans le côté droit du cou. Fièvre modérée. Nuit agitée. \
Le 31. — Au-dessous du maxillaire inférieur et au niveau de la glande sous maxillaire du côté droit, on constate une tumeur grande comme un œuf d'oie, un peu sensible au toucher, d’une dureté extrême. Les mouvements de la téte sont gênés, la déglutition est douloureuse, A l'inspection de la bouche, on voit les amygdales tuméfiées mais non enflammées. L’isthme du gosier est rouge, la langue humide et un
(1) Bœbler G. Thèse de Paris, 1885, p. 35.
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peu chargée dans son milieu. Pouls accéléré, peau chaude, Constipation.
ALES. de - Le 1° septembre. — La tumeur a beaucoup grossi : elle
DA Fes __ s'étend du menton et du milieu de l'os hyoïde, jusqu’au-delà
de l'angle du maxillaire inférieur. Elle est plus proéminente
en haut, immobile et insensible à la pression; au toucher,
elle donne la naine d'un morceau de bois. La peau sus-
L jacente présente une coloration normale, elle n’est pas ten-
due: au contraire, parfaitement mobile sur la tumeur. La
Per bouche ne s'ouvre qu’au prix de vives souffrances ; la langue
, est projetée en arrière. Parole et déglutition difliciles, mais non douloureuses.
AT Dans cet état, l'examen de l’arrière-bouche était impos-
sible. En avant, sous la langue, il est facile de constater
LEA avec le doigt une tumeur dure, formant bourrelet à la face Fe interne du maxillaire. Soif vive. Pas d’appétit. Pouls un peu accéléré. Coloration ictérique des yeux, peau sèche et brülante, et, enfin, prostration assez considérable.
Le?. — Même état général. Langue plus chargée, salivation exagérée, haleine fétide, voix rude et incompréhen- .. 4 sible. Déglutition de plus en plus difficile. Le bourrelet du É. = plancher de la bouche est resté stationnaire. Au dehors, la | tuméfaction a progressé dans tous les sens.
TN | Le 3. — Faiblesse plus grande, Insomnie. La bouche est ze KA me remplie d’une masse abondante de mucosités dont le malade Re n’arrive pas à se débarrasser.
Le 4. ESA prostration des forces est toujours plus grande. E Re À La tumeur est également plus étendue, elle est toujours = ÉEES d’une dureté extrême. Peau sus-jacente normale. Dégluti-
TRE ns tion presque impossible, Les mâchoires ne peuvent plus se
séparer que de quelques lignes. Respiration courte et: {ré quente. Voixinintelligible. Pouls fréquent. Fièvre continue. Vers le soir, la tumeur semble être un peu moins dure, quelque peu empâtée. Nuit extrêmement agitée. Délire qui ne cessa que vers le matin.
Le 5. — En certains points, la tumeur du cou est molle, se laisse déprimer et crépite sous la pression du doigt. La déglutition semble un peu plus facile, la bouche aussi s'ouvre davantage. État général plus mauvais. Pouls fréquent et mou. Urine plus trouble. Peau humide ct gluante. Respiration plus courte et plus fréquente.
Une ponction pratiquée en l’un des points ramollis de la tumeur donne issuc à une quantité abondante de pus fétide, d’un rouge sombre, mélangé avec des bulles de gaz.
Le6.— Latumeurs’étant notablement ramollie, on incise la peau depuis le menton et l'os hyoïde jusqu'au delà de la parotide, il s'écoule de la plaie du pus fétide, d'un rouge sombre, toujours mélangé à des gaz ct à des débris de tissu cellulaire gangrené. État général de plus en plus mauvais. De temps en temps, accès d'oppression. Délire permanent, Pouls petit et fréquent. Sueurs alternant avec chaleur sèche. Re:piration haletante, abdominale.
Le 8. — Coma qui ne cessa qu'avec la mort qui survit le :endemain, 9 septembre,
Autopsie vingt heures après la mort. La peau du cou susjaconte à la tumeur, était saine, Par contre, tout le tissu cellulaire de cette région était mortifié et converti en ure masse scmbre sale, imprégnée de pus fétide et de gaz. Les glandes salivaires étaient d’un bleu pale à la périphérie,
normiles dans la profondeur. La moitié droite du corps
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était intacte. Ébneis vague etle récurrent, dues leur du cou étaient d'un rouge sale; les muscles avaient leurs rapports à à la suite de la mortification du tissu FREE aire qui les entoure. Rien d’anormal au niveau du | la ire inférieur, dont le périoste était intact. Les mu- VE — queuse ses de la cavité buccale, de la langue, du pharynx et | dune, étaient un peu gonfées et recouvertes. d’un mucus | risätre. Les amygdales étaient saines. La muqueuse du ve : ; © Darynx et de la trachée e présentait un aspect livide et était j Le recouverte par un mucus sale et adhérent.
SE Petits abcès disséminés dans les lobes inférieurs des deux ; © poumons 7 £ : > 3 CE : in
Cœur! flasque, n mou, petite quantité Li liquide trouble dan ns
me 0 le périearde. à |
% | Foie petit, mou, ce) congestionné le lobe droit æ © était ramolli. : "à, Rate molle, capsule peu adhérente.
Rein droit mou, rein gauche normal. 7 | | Cerveau. Arachnoïde de l'hémisphère droit épaissie ct. . gorgée d’un liquide laiteux. Pie mère du même côté très __injectée. Rien d'anormal dans les ventricules.
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OBSERVATION VII. — BERMANN (1).
Jeunc fille, 18 ans, bonne santé habituelle, ayant habité pendant quelques jours une maison neuve et humide, sc plaignit Ce maux de dents le 26 août 1838.
Le 27, au soir, au niveau de ce même côté gauche, tumeur dure, très peu douloureuse, occupart la région parotidienne et sCterdart en bas jusqu’à l'angle du maxillaire. La bouche s'ouvre assez facilement; on trouve une carie de la deuxitme molaire gauche inférieure ct une périostite alvéolo-dentaire à ce même niveau. Pas de fièvre.
Le 28. — Nuit mauvaise, L'abcès s’est ouvert sur le côté externe de la dent malade et il s'en écoule une masse de pus fétide. La tuméfaction extérieure n’a pas diminué, elle est d'une dureté extrême; le doigt n’y laisse aucune empreinte; la peau sus-jacente a conservé sa coloration normale. La tuméfaction fait saillie dans la bouche, les glandes sublingua'es sont très tuméfiées, forment un anneau dur autour de la langte qui est repoussée en haut contre la voûte platine. Voix altérée, rauque, voilée, étouffée, gêne considérable de la déglutition. Rien d'anormal dans la gorse.
Le 29. — La tumeur s’est ouverte spontanément sous la langue el laisse échapper du pus fétide mêlé à du sang. A l'extéricur, le gonflement progresse toujours, il a envahi la
face antérieure du cou et s'étend jusqu’à l'angle de la mà-
(E Bæœhler G. Thèse de Paris, 1885, p. 38.
| = choire du côté opposé et en bas jusqu'au sternum, Dégluti-
> tion et respiration très pénibles. Délire. Fièvre. #
Le 30. — Nuit agitée, délire continu, dyspnée considérable. La tumeur à envahi une grande partie du thorax en avant; elle a conservé sa dureté ligneuse, mais la peau sus
__ T jacente est rouge violacé, Déglutition de plus en plus en-
MT travées , rer |
Let. — Pas de rt la nuit; délire continu, soubre- Æ sauts des tendons. Voix étouffée. Dyspnée extrême. Déglutition impossible. ( = 1% Septembre. — Etat ner de plus en plus mauvais. . Oppression continue. La malade est plus calme, indifférente aux personnes de son entourage.
G Ée ei Application sur la tumeur de nitrate d'argent en - poudre: consécutivement, escarre cutanée noire de la largeur d’une pièce de 50 centimes, mais les parties sousjaccntes restent dures, sans présenter trace de fluctuation. Coma profond.
Mort le 4 septembre.
Autopsie, trente-six heures après la mort.
Une incision longitudinale, étendue depuis le menton jusqu’au sternum, laisse voir une mortification complète de D NÉS tous Jes muscles de la région, il.est impossible de reconrai- “3 tre leurstructure; des débris volumineux du tissu cellulaire 3s nécrosé nagent dans une masse considérable de pus fétide. << Epiglotte détruite. Muqueuse du larynx et de la trachce Lee tuméfiée et recouverte d'un enduit muqueux visqueux.
É a À Ja face interne du maxillaire inférieur, fistule commu-
F2. __ niquant avec le foyer gangréneux.
ET . , À -Muqueuse du pharynx et de l'œsophage noiratre.
OBSERVATION VII, — TimPe (1).
Un condamné militaire, 29 ans, de taille élancée, ayant présenté dans son enfance des gourmes et des ganglions tuméfiés, présenta le 16 novembre 1840, après avoir travaillé dans l’eau, une tumeur dure, non douloureuse, de la grandeur d'une pièce de 5 francs, et siégeant à l'angle du maxillaire inférieur, du côté gauche. Peau normale, mobile sur la tumeur, Mouvements de la bouche limités et douloureux, La gencive correspondante à la tumeur extérieure est rougcatre, indolore, quelque peu gonflée. Le voile du palais et les amygdales ni tuméfiés, ni enflammés. Voix étouftée, presque éteinte.
Le 17. — Pas de changements au niveau du cou. Dans l’intérieur de la bouche, tout le long de la face interne du maxillaire inférieur, bourrelet saillant qui repousse la lanque en haut et en arrière. | © Voix plus rauque, plus faible.
Le 18. — La tumeur s'étend depuis l'oreille jusque sur la face antérieure du larynx. Gonflement de l'amygdale gauche, du voile du palais et de la luette. La langue se meut difficilement. Pas de fluctuation.
Le 19. — Nuit agitée, sans sommeil, Céphalalgie intense. Pouts petit, 110 pulsation. Faiblesse croissante. Tuméfac-
(1) Bæhler G. Thèse de Paris, 1885, p. 40.
tion toujours dure sans fluctuation, Douleurs et bourdonnements dans l'oreille gauche. Aphonie. Déglutition très douloureuse. Le soir, 120 pulsations ; peau brülante, délire.
Le 20. — Prostation extrême; déglutition impossible,
Les dents ne peuvent plus s’écarter les unes des autres,
Salivation exagérée. Respiration pénible et stertoreuse. |
La tumeur a envahi en arrière la nuque et descend en avant jusque sur le sternum.
Le 21. — Même état que la veille, Délire. Dyspnée intense. Pas trace de fluctuation.
Le 22. — La peau qui recouvre la tumeur est liv ide. Voix toujours éteinte. Difficulté extrême d’avaler. Le 23. — Etat général plus mauvais. Au-dessous de l'angle du maxillaire, incision parallèle à cet os; le bistouri pénètre difficilement à cause de la dureté des tissus. La plaie donne issue à une grande quantité de sang; pas trace de pus. Au moyen d'un stylet, on extrait de la profondeur
de la tumeur des débris de tissu cellulaire mortifié.
Vers le soir, il s'écoule de la plaie un peu de pus fluide, jaunitre, mélangé à des débris de tissu cellulaire gangréné,
Le 24, — Pendant la nuit, ouverture spontanée du phlegmon dans la cavité buccale, il s’en écoule une masse abondante de pus fétide. Etat général considérablement amelioré. Dyspnée bien moins intense, déglutition plus facile.
Le 25. — La suppuration continue, le pus s'échappe à la fois et par la bouche et par la plaie extérieure.
Etat général satisfaisant, les forces reviennent peu à peu, malgré la longueur de la suppuration; guérison complète
vers la fin de janvier 1841.
OBSERVATION IX. — ZILLNER (1).
M. B..., 30-ans, folie furieuse depuis trois ans. A la suite d’un refroidissement, tumeur dure, non douloureuse au niveau de la joue gauche.
Vers le 7° jour, frissons, agitation, délire.
Le 9° jour, ouverture spontanée de l'abcès dans la cavité buccale, au niveau de l’angle du maxillaire inférieur, écoulement abondant de pus sanieux. La tuméfaction n’en progresse pas moins, en avant, jusque vers la clavicule.
Le 12° jour, seconde: ouverture spontanée de l’abcès, à l'extérieur, au-dessous du maxillaire inférieur.
Mort le 14° jour. |
Autopsie. Toute la région tuméfiée crépite sous le doigt. La peau sus-jacente présente un aspect rouge bleu. Le tissu sous-cutané est granuleux, blanc, dur et résistant. Au niveau de la région sus-hyoïdienne;, au-dessus du plancher de Ja bouche tous les organes, muqueuses, tissu cellulaire, muscles sont transformès en une masse putride, extrêmement fétide ; le maxillaire inférieur est décollé dans la plus grande partie de son étendue, son périoste est détruit. A la placc des glandes sous-maxillaire et sublinguales, il existe une vaste cavité, remplie de pus, dont les parois sont reliées par quelques fibres de tissu conjonctif. La gaine du sterno-mastoidien est remplie de pus. 2: ù
(1) Bœller G. Thèse de Paris, 1885, p. 43.
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