IV. — LES PIEDS ÉQUINS DANS LES ARTHRITÉS DU COU-DE-PIED
Nous avons vu plus haut que l’équinisme succédant aux fractures de l’astragale, de la mortaise tibiopéronière et du calcanéum était dû dans de nombreux cas à une arthrite de l’articulation tibio-tarsienne ; mais cette arthrite peut s’observer à la suite de lésions différentes.
Une blessure de l’avant-pied ou des parties molles du pied peut être le point de départ de l’infection, et cette infection peut même résulter d’une blessure beaucoup plus lointaine. Il semble qu’elle joue un rôle dans des équinismes qui au premier abord paraîtraient uniquement d’origine musculo-tendineuse, un exemple rapporté par M. Broca (1), le montre nettement : un blessé atteint de fracture grave du fémur présente consécutivement un pied raidi en équinisme ; sous le chloroforme ou en pratique manuellement le redressement, et cette intervention provoque une arthrite aiguë suppurée de la tibio-tarsienne. Il y avait donc au niveau de cette articulation un processus inflamma-
(1) BROGA (A.). — Les séquelles ostéo-articulaires des plaies de guerre (Coll. Horizon, Masson et Cie, 1916).
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toire chronique qui avait certainement contribué à la fixation de l’attitude vicieuse. Ceci n’est pas pour nous étonner, car dans les blessures de guerre, même dans celles dont l’évolution sera la plus favorable, on est frappé de l’intensité de la réaction inflammatoire immédiate qui s’étend bien au delà de la région atteinte, c’est ainsi que dans les fractures de cuisse se développe un œdème considérable du pied. Cet œædème est dur, parfois d’aspect phlegmoneux, et il résulte de la dissémination des germes infectieux par les lymphatiques. |
L’arthrite tibio-tarsienne peut être aussi primitive et provenir d’une lésion directe de l’articulation. Plusieurs observations en ont été recueillies.
Mais, quelle que soit l’origine de l’arthrite, de l’attitude du pied dans les appareils dépendra l’équinisme.
Il s’en faut que tous les cas aboutissent à l’ankylose, parfois de simples raideurs articulaires se produisent, qui sont plus ou moins facilement vaincues si l’on y prend garde, alors qu’il en est temps.