‹ Du Pied Bot Équin: Consécutif Aux Blessures De GuerreChapitre 24 sur 27 · II. — TRAITEMENT OURATEUR · texte numérisé non relu

II. — TRAITEMENT OURATEUR

Chacune des diverses variétés d’équinisme comporte des indications différentes, et l’on pourrait décrire séparément le traitement du pied bot museulo-tendineux, celui dù pied bot ostéo-articulaire, et celui du pied bot nerveux ; cependant des formes diverses se combinent souvent entre elles, à des lésions par exemple purement articulaires au début, s’ajoutent secondairemetit des rétraetions musculaires où inversement, c’est pourquoi nous étudierons un traitement

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général de l’équinisme, nous réservant d’insister ultérieurement sur les particularités résultant de la nature spéciale de la déformation.

Traitement palliatif,

Un équinisme léger causé par un raccourcissement du membre inférieur particulièrement après les fraetures du fémur, peut être respecté, il suffit alors de aonner au blessé une chaussure à talon surélevé et la marche est possible dans de bonnes conditions.

Elle l’est également, à l’aide d’appareils orthopédiques adaptés à la chaussure, dans tous les cas de pieds bots équins, paralytiques ou non, facilement réductibles.

Nous n’entrerons pas dans le détail des dispositifs qui ont été imaginés, ils ont pour but de soutenir le pied et d’empêcher son extension. Les uns forment sous la semelle un simple étrier rigide prenant point d’appui sur la jambe, les autres (appareils Rolland, du Docteur Laquenière, de Souques, Mégevant et Douner, etc.), sont munis de ressorts ou de tracteurs élastiques qui relèvent d’une façon passive la pointe du pied.

Dans les autres variétés d’équinisme, un traitement palliatif, qui ne pourrait consister qu’en l’application au pied dévié d’une chaussure à talon élevé, serait plus préjudiciable qu’utile au blessé. En effet, dans ces conditions, pour remédier à l’allongement du membre,

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le genou serait obligé de se fléchir pendant la marche ou dans la station debout, et en voulant parer à une infirmité on en aurait créé une autre.

Traitement médical.

Le traitement médical de l’équinisme comporte, outre la psychothérapie, la mise en œuvre des procédés connus de physiothérapie, en particulier de l’électrothérapie et la mécanothérapie.

a) Psychothérapie.

Elle est toujours utile comme adjuvant au cours du traitement : le chirurgien doit savoir gagner la confiance de ses sujets, et il doit savoir leur rendre la confiance en eux-mêmes.

Quand ils se lèvent pour la première fois, les blessés n’osent poser à terre leur pied malade, la moindre douleur qu’ils ressentent les impressionne et les tourmente, et toute l’influence du chirurgien doit avoir pour but de la leur faire accepter et supporter.

Mais là n’est pas le seul rôle de la psychothérapie : il est des lésions qui ne relèvent que d’elle et trop souvent l’on a opéré des pieds bots même nettement diagnostiqués hystériques qui auraient pu être guéris sans aucune intervention.

Certains auteurs utilisent la suggestion à l’état de

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veille, la persuasion : M. Frælich (de Nancy) a publié récemment (1) une série de trente-deux observations de pieds bots nerveux qu’il a traités ainsi avec des résultats parfaits ; d’autres auteurs préfèrent frapper l’imagination du blessé à l’aide de l’électricité : faradisation, torpillage ont été employés avec grands succès. Le moyen importe peu ; que l’on ait recours à la suggestion directe, à l’électricité ou à des simulacres d’opération, le but est le même ; faire comprendre au sujet que ses membres ne sont pas paralysés et qu’ils sont aptes à leurs fonctions.

En tous cas, jamais une opération sanglante ne devra être pratiquée pour des pieds bots d’origine psychique, à moins que la difformité très ancienne n’ait été fixée d’une façon définitive et qu'aucune réduction ne soit plus possible. Cette éventualité est beaucoup moins fréquente qu’on ne serait tenté de le croire. M. Fræœlich a pu par simple suggestion guérir entièrement et sans récidive des blessés atteints de pieds bots depuis trente-deux mois.

En dehors des pieds bots psychiques, il en est d’autres, pieds bots réflexes de Babinski et Froment, où la psychothérapie a également une influence salutaire.

Aux troubles physiopathiques qui les constituent sont toujours plus ou moins associés des troubles pithiatiques que le traitement psychique fait disparaître, mais les troubles physiopathiques proprement dits seraient beaucoup plus tenaces (Babinski, Clovis

(4) FROELICH (M.) (de Nancy). — Le pied bot réflexe en chirurgie de guerre (Revue dOrthopédie, 1917).

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Vincent) (1), et la psychothérapie seule, suivant cértains neurologistes, serait impuissante à les guérir.

b) Physiothérapie.

Nous avons vu quel était le rôle du massage et de

la mobilisation active et passive dans le traitement préventif de l’équinisme.

Contre l’atrophie et la dégénérescence musculaires résultant de l’inaction, on pourra lutter à l’aide de l’électrothérapie. Mais celle-ci est indiquée tout à fait particulièrement dans les cas de « stupeur » des nerfs que nous avons décrits. On réveillera par des séances quotidiennes d’électrisation, les fonctions des nerfs lésés, le courant employé est le courant galvanique d’une intensité de 10 milliampères, et ce traitement, associé à des massages légers et à des bains de lumière, permettra aux blessés de rejoindre leur corps au bout de cinq à six semaines (P. Descoust) (2).

La mécanothérapie, après avoir joui d’une grande faveur, est moins recommandée aujourd’hui. Inefficace contre le pied bot par rétraction du tendon d’Achille, elle est dangereuse dans les ankyloses tibiotarsiennes succédant à une arthrite qu’elle est susceptible de réveiller.

La mécanothérapie active qui dépend de la bonne

(4) BABINSKI VINCENT (Clovis), — Discussion de la communication de MM. Roussy et Boisseau : Pronostic et traitement des troubles nerveux dits réflexes (Société de Neurologie, 7 juin 1917).

(2). DESCOUST (P.). — Loc. cit.

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volonté du sujet est souvent illusoire, seule la mécanothérapie passive doit être utilisée, et en pratique, elle a rendu et rendrâ encore de grands services dans les raideurs articulaires. Mais son emploi devra être rigoureusement contrôlé. Si elle ne produit pas rapidement une amélioration notable, il ne faudra pas la continuer : les blessés n’en retireraient aucun profit ; ils sont justiciables d’une intervention opératoire à la suite de laquelle le traitement kynésique reprendra tous ses droits.

Traitement chirurgical.

Deux cas sont à considérer suivant qu’il y a ou non ankylose plus ou moins complète de l’articulation tibio-tarsienne. Dans le premier, pour obtenir la guérison de la difformité, il suffira de vaincre ou de supprimer la résistance des muscles ; dans le second, il faudra agir sur l’articulation elle-même.

1° Traitement des pieds équins sans lésions dé l’articulation tibio-tarsienne.

On peut, s’il s’agit d’une simple contracture ou d’une rétraction peu accentuée du triceps sural, tenter le redressement progressif de la déviation à l’aide des appareils à tractions élastiques ou à ressorts que nous avons décrits à propos du traitement préventif de l’équinisme.

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