‹ Du Pied Bot Équin: Consécutif Aux Blessures De GuerreChapitre 8 sur 27 · RUN · texte numérisé non relu

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Généralités. __ Classification des pieds bots équins.

L’hyperextension permanente du pied sur ia jambe constitue la difformité du pied bot équin : le blessé marche sur la tête de ses métatarsiens, sur son talon antérieur, et l’axe de son pied forme avec celui de sa sambe un angle plus ou moins obtus. Le siège de la déviation se trouve dans l’articulation tibio-tarsienne

C’est là l’équinisme ordinaire, classique, celui que

nous aurons en vue dans ce travail ; mais il en existe une autre forme sur laquelle nous dirons tout de suite quelques mots, c’est celle qui a été signalée le 22 mars 1916, à la Société de Chirurgie, par le Professeur Quénu, sous le nom d’inflexion plantaire ou d’équinisme antérieur, et dont le centre de production se trouve dans l’articulation médio-tarsienne.

- &«L’infiexion plantaire consiste dans une inflexion de l’avant-pied telle que, le tibia étant vertical, le talon reste éloigné du sol ; l’homme ne pourrait marcher que sur la pointe des orteils et, en fait, souvent il ne peut pas marcher du tout. Au premier abord, on a l’impression d’un pied équin, et cependant l’arrièrepied est bien à angle droit sur les os de la jambe. » (Quénu) (1).

Cette déviation s’observe dans des blessures du coude-pied ou de la jambe, et le Professeur Quénu lui

(4) QUÉNU (E.). — Etude sur les plaies du pied et du cou-de-pied par projectiles de guerre (Rev. de Chir., sept.-oct., nov:-dée. 1916 ; janvier-févr. 1947. À

attribue comme origine une infection des lymphatiques profonds du pied ayant pour conséquences, d’une part, la rétraction scléreuse des muscles plantaires, et d’autre part, l’enraidissement en mauvaise position des articulations médio-tarsiennes.

Quoi qu'il en soit, nous ne nous attarderons pas sur ce sujet, et nous nous bornerons ici à l’étude de l’équinisme classique.

Nombre de lésions peuvent le déterminer, aussi nous semble-t-il nécessaire de rappeler brièvement les conditions anatomo-physiologiques des mouvements du pied.

Ces mouvements sont de plusieurs ordres

1° Mouvements de flexion et d’extension ayant leur siège dans l’articulation tibio-tarsienne ;

2° Mouvements d’adduction et d’abduction, associés à des mouvements de supination et de pronation ayant pour résultat de faire basculer le pied latéralement et d’incurver ses bords. Ces mouvements se passent dans l’articulation tibio-tarsienne et surtout dans les articulations sous-astragalienne et médiotarsienne.

La flexion dorsale du pied est produite prineipalement par le jambier antérieur qui est secondé par le péronier antérieur, d’ailleurs inconstant, et par les extenseurs des orteils. Tous ces muscles sont tributaires du sciatique poplité externe, soit directement, soit par l'intermédiaire du nerf tibial antérieur.

L'extension du pied (flexion plantaire) est réalisée par la contraction du triceps sural (jumeaux et soléaire) qui se termine par le puissant tendon

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d’Achille. Le plantaire grêle, très variable, n’a aucune action propre. Ces muscles sont innervés par le sciatique poplité interne, branche collatérale ou nerf tibial postérieur. Le long péronier latéral, innervé par le musculo-cutané, branche du sciatique poplité externe, concourt à l’extension du pied.

L’adduction et la supination sont produites par le jambier postérieur qui porte le pied directement en dedans et par le triceps sural, tous deux tributaires du sciatique poplité interne.

L’abduction et la pronation sont déterminées par la contraction du court péronier latéral qui porte le pied en dehors et par celle du long péronier latéral qui, nous l’avons vu plus haut, est en outre fléchisseur plantaire comme le triceps sural. Il neutralise donc l’adduction de ce dernier, et la contraction simultanée de ces deux muscles porte le pied directement en bas.

L’extenseur commun des orteils enfin est légèrement abducteur du pied. Tous ces muscles abducteurs reçoivent l’influx nerveux du sciatique poplité externe par l’intermédiaire de ses branches terminales le tibial antérieur et le musculo-cutané.

On comprend aisément à la suite de ce rapide exposé combien de lésions diverses peuvent être à l’origine du pied bot équin : ankyloses tibio-#tarsiennes en mauvaise position, sections du jambier antérieur, rétractions du triceps sural, sections ou altérations du sciatique poplité externe ou du grand sciatique, etc., etc.

Mais ces causes en quelque sorte directes ne sont pas les seules et, dans certains cas de raccourcisse-

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ment du membre inférieur, il existe un équinisme de compensation, le blessé abaissant la pointe de son pied pour remédier à cette diminution de longueur.

Nous pouvons donc classer les pieds bots équins en :

1° Pieds bots équins d’origine ostéo-articulaire :

2° Pieds bots équins d’origine musculo-tendineuse ; 3° Pieds bots équins d’origine nerveuse ;

4° Pieds bots équins de compensation.

Nous les analyserons successivement, mais dès maintenant, nous tenons à remarquer que, si dans les premières semaines de sa constitution, il est en général facile par l’étude des symptômes de déterminer la cause de la difformité, cette recherche devient dans les mois suivants beaucoup moins aisée ; au bout d’une année, elle est souvent presque impossible, car les signes du début se sont modifiés : le pied présente des troubles nerveux, circulatoires, trophiques plus ou moins accentués, dus à sa longue inaction ; il s’est fixé dans sa position défectueuse par suite de rétractions musculo-tendineuses, de raideurs articulaires ; et ces phénomènes se produisent indistinctement dans la plupart des cas, quelle qu’ait été la lésion primitive.

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