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SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE CRÉDIT INDUSTRIEL ET COMMERCIAL

Notions générales. — Des opérations de la Société. — De sa situation actuelle.

I. Notions générales. — La Société générale de Crédit industriel et commercial a été fondée le 30 avril 1859 et autorisée par un décret du 7 mai de la même année. Elle a été modifiée par un acte passé le 12 juillet 1870, approuvé par un décret du 17 juillet.

Sa durée a été fixée à trente ans, à partir de l’homologation des statuts.

Le siège social esta Paris, 66, rue de la Chaussée d’An-

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tin. — Les bureaux et la caisse sont établis rue delà Victoire, 72.

La Sociétépossède, en outre, sept bureaux succursales dans Paris.

L’inventaire a lieu au 31 décembre. L’assemblée générale annuelle se réunitdanslecourantdumoisd’avril; elle se compose des deux cents plus forts actionnaires, dont la liste est arrêtée par le Conseil d’administration un mois avant la convocation de l’assemblée.

La capital social est de 60 millions, divisé en 120,000 actions de 500 fr., nominatives et libérées seulement de 125 francs. Il n’a donc été versé que 15 millions du capital social.

Les 120,000 actions ontété émises en deuxfois, savoir : 80,000 émises au pair lors de la formation delà société; et 40,000 émises en 1864, à 600 francs, et souscrites par les anciens actionnaires.

La Société possède, en outre, un fonds de réserve qui atteint 7 millions, soit la moitié du capital versé.

Les actions donnent droit à une première répartition équivalant à 4 % du capital versé, dont le paiement se fait en novembre, et à une part dans les bénéfices payable en mai.

Le Journal o/yÆc/e/ publie chaque mois la situation de la Société.

Le Conseil d’administration est composé de MM. H. Durrieu, président ; — Gabriel Dehaynin, vice-président;—Félix Aubry ; — Gabriel Ben oit-Champy; — J. de la Bouillerie, ancien ministre ; — Maurice Davillier ; — Albert Dehaynin; — Ernest Lehideux; — comte A.

Lemercier; — baron Portalis ; — Albert Rostand; — Alexandre Simons ; — prince Soltykoff; — Léon Thélier, banquier; — Bardoux, ancien ministre; — Louis Passy.

II. Des opérations de la société. — Les opérations delà Société générale de Crédit industriel et commercial consistent :

1° A escompterles effets de commerce payables à Paris, dans les départements et à l’étranger ; les warrants ou bulletins de gage concernant les marchandises déposées dans les magasins généraux agréés par l’Etat, et, en général,toutes sortes d’engagements à échéances fixes, résultant de transactions commerciales ou industrielles ; à négocier et à réescompter les valeurs ci-dessus désignées, avec ou sans garantie;

2° A faire des avances sur rentes françaises, actions ou obligations d’entreprises industrielles ou de crédit,, mais seulement jusqu’à concurrence des deux tiers de leur valeur;

3° A faire des avances aux sociétés françaises de cornmerce ou à tous commerçants, moyennant des sûretés déterminées.

4° A se charger de tous paiements et recouvrements à Paris, dans les départements et à l’étranger, et à ouvrir à cet effet des comptes courants, sans pouvoir jamais faire aucun paiement à découvert ;

5° A ouvrir toutes souscriptions à des emprunts publics ou autres, et pour la réalisation de toutes sociétés anonymes ou en commandite par actions ;

6° A recevoir en compte courant, jusqu’à concurrence

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d’une fois et demie le capital nominal et la réserve, les fonds qui seront versés, à un taux d’intérêt déterminé par le Conseil d’administration.

7° A prendre part à toute émission de rente française, bons ou obligations du Trésor, emprunts des départements et des communes, à acquérir ces mêmes valeurs, à la condition que ces emplois n’excéderont jamais dans leur ensemble la moitié du capital réalisé ; à ouvrir des souscriptions pour le placement des parts prises dans ces valeurs et emprunts ; à faire tous reports sur valeurs cotées à la Bourse de Paris ;

8° Enfin à recevoir en dépôt, moyennant un droit de garde, toutes espèces de titres ou valeurs.

L’escompte du papier de Banque et de commerce constitue l’opération la plus importante de la Société et la source principale de ses bénéfices. Pour être admis à l’escompte, les effets de commerce doivent être revêtus de deux signatures au moins, et leur échéance ne doit pas dépasser 105 jours pour le papier payable à Paris et à l’étranger, et 75 jours pour le papier payable dans les départements. L’une des deux signatures qui sont exigées peut être suppléée par un récépissé de marchandises déposées dans les magasins généraux.

Le montant des engagements de la Société, non compris les effets en circulation avec son endossement ou sa garantie ne doit jamais dépasser 150 millions.

Depuis sa fondation, la Société générale de Crédit industriel et commercial a donné son puissant concours à un grand nombre d’affaires, notamment : à la Compagnie des chemins de fer de l’Est algérien, à celle

des chemins de fer des Asturies, Galice et Léon, à la Société Lyonnaise de dépôts et de Crédit industriel, à la Société marseillaise de dépôts et de crédit industriel, à la Société Bordelaise de dépôts et de crédit industriel, à la Société Nancéenne de dépôts et de crédit industriel, au Crédit du nord ; etc.

IV. De la situation actuelle de la société. — Bien que la Société de Crédit industriel et commercial ait participé à la fondation d’un grand nombre d’affaires, elle a eu soin de n’y prendre un intérêt direct que dans une limite restreinte ; elle s’est bornée le plus souvent à prêter ses guichets aux souscriptions, et en définitive, les émissions n’ont été pour elle que des opérations accessoires. Sa fonction principale a été celle d’une banque d’escompte etde dépôts, et c’est là une des causes qui expliquent la fixité du cours de ses actions et leur solidité.

En effet, les titres qui représentent le capital de la Société générale de Crédit industriel et commercial n’ont presque jamais donné lieu à de brusques variations ; ils ont été cotés le plus ordinairement, depuis vingt ans, entre 650 et 750 francs. Les dividendes qu’elle a distribués présentent également peu de variations. Après s’être élevés jusqu’à 24 francs, ils avaient rétrogradé, en 1877, à 15 fr. 23 cent. Depuis, ils ont suivi une progression de un franc environ chaque année.

La Société de Crédit industriel et commercial est une des rares sociétés qui n’ont ressenti aucune atteinte de la crise financière qui a si profondément affecté le marché, en janvier 1 882. La confiance du public s’est même

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affirmée à son égard par une augmentation des dépôts de titres et d’argent qui s’est produite dans des proportions exceptionnelles.

Voyons rapidement quelles ont été les opérations de la Société durant l’année 1881. Les escomptes ont atteint le chiffre de 939,638,970 francs, chiffre important si l’on considère que le capital versé de la Société est seulement de quinze millions. — Le nombre des comptes de dépôts s’estélevéà 7,212 ; celui des comptes courants, à 2,863 ; les comptes de dépôts de titres à 5,792 — Enfin le mouvement général des caisses a été de 3,356,581,858 francs. Il a été distribué un divideneede 19.08 par action, soit plusse 15 p . 100 du capital de 125 francs versé par action 1 .

SECTION IV

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