SOCIÉTÉ DE DEPOTS ET DE COMPTES COURANTS
Notions générales. — Des opérations de la société. — De sa situa tion actuelle.
I. Notions générales. — La Société de dépôts et de comptes courants se rapproche beaucoup du Crédit industriel et commercial, tant par la nature de ses opérations que par les garanties statutaires qu’elle offre à sa clientèle, et par le peu de variations du cours de ses actions. Elle a été constituée le 4 juillet 1863 et autorisée par un décret impérial du 6 juillet de la même année.
1. Les comptes de l’exercice de 1882 n’ont pas encore été publiés.
Elle a été établie pour une durée de 30 années, à partir de l’homologation de ses statuts.
Le siège social est à Paris, place de l’Opéra, 2. La Société n’a pas de succursales.
L’inventaire a lieu au 31 décembre. L’assemblée générale annuelle se réunit dans le courant du mois d’avril; elle se compose des propriétaires de 40 actions au moins.
Le capital social avait d’abord été fixé à 60 millions, divisé en 120,000 actions de 500 fr., libérées de 125 fr. Depuis la modification des statuts, en 1877, il est de 80 millions, divisé en 160,000 actions de 500 fr. libérées de 125 fr., nominatives. Les 40,000 actions- nouvelles ont été émises à 630 francs et réservées aux premiers souscripteurs. La prime de 130 francs a été attribuée à la réserve. — Les 375 francs par action restant à verser étant destinés, comme pour la Société de Crédit industriel et commercial, à former un fonds de garantie, ne semblent pas devoir être appelés.
Les intérêts et dividendes des actions sont payés en mai et novembre.
La Société possède, en outre, des réserves qui s’élèvent à 10 millions, soit à la moitié du capital versé.
Le bilan de la Société est publié chaque mois dans le Journal officiel.
Le Conseil d’administration est composé de MM. Armand Donon, président ; — Edouard Gautier, directeur ; — Blavoyer, ancien député ; — Boitelle ; — C. de Bousquet ; — baron G. de Bussierre ; — vicomte H. de Bussierre. — Charles Crapelet ; — Pierre Donon ;
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— Gustave Delahante ; — Ed. Gros-Hartman ; — Charles la Chambre ; — comte F. de Lagrange ; — Ch. A. de Lesseps ; — baron Levavasseur ; — Maurice Aubry ; — baron Poisson.
II. Des opérations de la sociéié. — Les opérations de la Société de dépôts et de comptes courants consistent, comme celles du Crédit industriel et commercial :
1° A escompter les effets de commerce, ainsi que les warrants ou bulletins de gage ;
2° A faire des avances sur rentes françaises, actions ou obligations d’entreprises industrielles ou de crédit, jusqu’à concurrence des deux tiers de leur valeur et seulementpour90 jours. Ces avances ne doivent jamais excéder dans leur ensemble le cinquième du capital réalisé et la moitié de la réserve ;
3° A faire des avances aux sociétés françaises et à tous commerçants, moyennant des sûretés déterminées.
4° A se charger'de tous paiements et recouvrements, et à ouvrir à cet effet des comptes courants, sans pouvoir jamais faire aucun paiement à découvert ; à fournir et accepter tous mandats, traites, lettres de change dont la couverture aurait été préalablement faite ; à se charger, pour le compte de tiers, de l’achat et de la vente de toutes espèces de fonds publics et valeurs industrielles ;
5° A ouvrir toutes souscriptions à des emprunts publics ou autres, et pour la réalisation de toutes sociétés par actions, mais toujours pour le compte de tiers et moyennant commission convenue ;
6° A recevoir en compte courant et jusqu’à concurrence
d’une fois et demie le capital social et la réserve, les fonds qui lui seront versés, à un taux d’intérêt déterminé par le Conseil d’administration ;
7° Enfin à recevoir en dépôt, moyennant un droit de garde, toutes espèces de titres et valeurs.
Toutes autres opérations sont interdites.
La Société n’admet à l’escompte que les effets de commerce revêtus de deux signatures au moins, et dont l’échéance ne pourra excéder 103 jours pour le papier payable à Paris et à l’étranger, et 75 jours pour le papier payable dans les départements. L’une des signatures qui sont exigées peut être suppléée par un récépissé négociable de marchandises déposées dans les magasins généraux.
La Société de dépôts et de comptes courants est surtout, on le voit, une Banque de commerce et de dépôt. Cependant elle a fait quelques émissions pour le compte de tiers ; et, comme celles faites par d’autres banques, ces émissions ont pu, quelquefois, laisser des regrets aux souscripteurs. C’est qu’en effet aucun patronage, quelque recommandable qu’il soit, n’est un gage assuré de succès pour les entreprises qui ne renferment pas en elles-mêmes des éléments de prospérité.
III. De la situation de lasociété de dépôts etde comptes courants. — L’interdiction, inscrite dans les statuts de la Société, de tout emploi de fonds en valeurs de Bourse et de toute affaire à entreprendre pour son compte l’ont préservé jusqu’à présent de tous risques et ont donné une fixité remarquable au cours de ses actions.
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Les dividendes qu’elle a distribués depuis son origine ont contribué également à cette fixité. En effet, depuis dix ans, ils ont été constammentde 15 fr., et de 16 fr. 49 pour les^deux dernières années. Pour l’exercice de 1881, la Société aurait été en mesure de donner un dividende de 19 fr. 95 par action; mais fidèle à ses habitudes de prudence, elle a préféré élever son fonds de réserve à 10 millions, en y reportant une somme de 500,000 francs. Quoiqu’il en soit, chaque action libérée de 125 fr. a reçu, depuis dix ans, 15 et 16 fr., au moins, par an, ce qui constitue un beau revenu.
En définitive, comme le Crédit industriel et commercial, la Société de dépôts et de comptes courants a su, avec un capital versé relativement faible, obtenir des résultats très satisfaisants. Pendant que des sociétés à gros capital se débattent contre la tempête, liquident, fusionnent, réduisent leurs millions ou se noient, les deux Sociétés sœurs poursuivent leurs opérations comme si rien n’était changé. La maxime audaces for tuna juval est bonne quelquefois; mais, en matière de finances, elle conduit le plus souvent ceux qui s’en inspirent à leur perte.
Quelques mots sur les opérations effectuées par la Société de dépôts et de comptes courants pendant l’exercice de 1881. Durant cet exercice, le mouvement général de la caisse, en encaissements et paiements, a été de 3,190,390,935 francs; celui des comptes courants, en crédit et débit, de 2,838,433,081 francs; celui du portefeuille en entrées eten sorties de 1,722,974, 878 fr. celui des comptes de chèques, enrecettes et enpaiements,
de 2,1^8,638,278 fr. ; celui des comptes d’espèces à 7 jours de vue de 102, 123, 925 fr. Le total des titres en dépôt ôtait, au 31 décembre 1881, de 1,577,283. — Le dividende a été de 16 fr. 49 par action. Une somme de 500,000 francs a été reportée à la réserve.
Pour l’exercice de 1882, il a été distribué également un dividende de 16.49 par action.
SECTION V
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE POUR FAVORISER LE DÉVELOPPEMENT DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE EN FRANCE.
Notions générales. — Des opérations de la société. — De sa situation actuelle.
Notions générales. — Gomme les établissements qui précèdent, la Société générale peut être classée parmi les Banques de commerce, mais en se rapprochant un peu des Banques de spéculation. Toutefois, elle s’est attachée, dans ces dernières années, à développer ses opérations commerciales d’escompte et d’encaissement, et à en faire sa fonction principale. Aussi ses titres ont-ils acquis une fermeté assez rare par le temps qui court. Gomme ceux de la Banque de France et du Crédit foncier, ils ont courbé la tète devant la crise financière, parce que la spéculation s’en était emparée en escomptant trop l’avenir; mais la Société ne parait pas avoir été atteinte dans ses forces vives.
La Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l’industrie en France, a été consti-
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tuée le 1er mai 1884 et autorisée par un décret du 4 mai de la même année. Dans la suite, ses statuts ont été modifiés par deux décrets, en date des 23 août 1867 et 13 août 1870.
Elle a été établie pour une durée de 30 ans, à partir du 4 mai 1864.
Le siègesocial est à Paris, rue de Provence, 54. — La Société possède, en outre, des bureaux dans les différents quartiers de Paris et de nombreuses agences dans les départements, ainsi qu’une succursale à Londres.
L’inventaire a lieu au 31 décembre. L’assemblée générale annuelle se réunit dans le courant du premier trimestre de l’année.
Le capital social est de 120 millions de francs, divisé en 240,000 actions de 500 fr. sur lesquelles il n’a été versé que 250 francs ; les 60 millions restant à appeler forment un fonds de garantie. — Les actions sont nominatives ou au porteur; les intérêts et dividendes sont payables les 1er avril et 1er octobre.
Le Conseil d'administration de la société est composé de MM. Denière, président; — Edward Blount; — Bartholoni ; — Ellissen ; — Fère; — Aimé Gros ; — Charles Luilhier ; — De Maintenant ; — Renaudin ; — Paulin Talabot.
Directeur : M. Homberg, ancien inspecteur des finances. — Sous-directeurs : MM. Ch. Jeanne-Jullien ; — Ch. Borgeaud.
Au 1er janvier 1883, la Société générale possédait 114 agences dans les départements, dont 13 agences nouvelles avaient été établies dans le courant de