DE LA BANQUE DE PARIS ET DES PAYS-BAS
Notions générales. — Des opérations de la Société. — De sa situation actuelle.
I. Notions générales. — Avec la Banque de Paris et des Pays-Bas, nous nous éloignons davantage des opérations de Banque proprement dites, pour entrer plus avant sur le terrain de la spéculation. Mais il ne s’agit pas ici delà spéculation désordonnée et sans frein, dont tant de ruines ont montré les résultats. Dirigée par une administration prudente et habile, la Banque de Paris et des Pays-Bas a su se garer jusqu’à présent des émissions et des participations par trop hasardeuses; son caractère de Banque internationale lui a fait trouver assez facilement un emploi avantageux pour ses capitaux ; elle a eu la prévoyance de se constituer des réserves considérables.
La Banque de Paris et des Pays-Bas a été créée le 27 janvier 1872, pour une durée de 99 ans.
Le siège social est à Paris, rue d’Antin, 3. — La société possède, en outre, des succursales à Amsterdam, Bruxelles et Genève.
L’inventaire a lieu au 31 décembre. L’assemblée générale annuelle se réunit avant la fin du mois de mai. Elle comprend les propriétaires de 40 actions au moins.
Le capital social est de 62 millions 1/2 de francs, divisé en 125,000 actions de 500 fr., au porteur ou nominatives, entièrement libérées, dont les coupons sont payables en janvier et juillet. — A l’origine, le capital social avait été fixé à 125 millions, divisé en 125,000 actions de 1,000 francs, libérées de moitié; maisuno délibération de l’assemblée générale des actionnaires, en date du 11 mai 1878, l’a réduit et a libéré complètement les actions.
La Société possède, en outre, 25 millions 1/2 de réserves, représentant 40 p. 100 du capital social.
Le Conseil d’administration est composé de MM. Dutilleul, président; — Ed. Joubert, vice-président; — H. Bamberger; — comte A. de Camondo; — E. Duclerc; — E. Gouin; — E. Hentsch; — J. Stern.
Directeur : M. Charles Sautter.
II. Des opérations de la société. — Les opérations de la Société ont pour objet de faire, pour elle-même ou pour le compte de tiers, en France et à l’étranger, toutes opérations financières, industrielles, commerciales, même immobilières, et toutes entreprises de travaux publics.
Parmi les entreprises auxquelles la Banque de Paris et des Pays-Bas a prêté son concours, on peut citer : les emprunts autrichiens, l’emprunt russe de 1877, la Compagnie des chemins de fer de Bone-Guelma et prolongements, l’emprunt belge, l’emprunt hollandais, la Banque hypothécaire de Suède, la Banque hypothécaire de France, la conversion de l’emprunt suédois, la Compa-
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pagnie des chemins de fer andalous, l’emprunt du Gouvernement de Québec, le Crédit foncier franco-canadien, les chemins de fer romains, l’emprunt 3 p. 100 amortissable, l’emprunt de la république argentine, etc.
III. De la situation de la Banque de Paris et des Pays- Bas. — La Banque de Paris et des Pays-Bas s’est élevée rapidement à un degré de prospérité remarquable. Pendant les dix années d’existence qu’elle vient d’atteindre, les produits bruts qu’elle a réalisés se sont élevés à 106,514,000 fr. En en déduisant les frais, amortissements et prélèvements de toute nature, il reste encore un bénéfice net de 89,265,000 fr., représentant un intérêt de 14 1/4 p. 100 sur le capital versé.
D’autre part, le Conseil d’administration s’est constamment préoccupé de prélever de fortes réserves sur les bénéfices, soit pour parer aux éventualités qui pourraient atteindre la Société, soit pour maintenir une certaine fixité dans le montant des dividendes et dans le cours des actions. C’est à la persévérante application de ce principe que la Banque de Paris et des Pays-Bas doit d’être en possession d’une situation morale et matérielle qui lui a permis de résister à la crise financière qui a ébranlé si fortement le marché. Toutefois, si elle est incontestablement une des Banques les plus sagement administrées, elle n’en reste pas moins exposée aux atteintes de la spéculation.
La situation financière de la Banque de Paris et des Pays-Bas, au 31 décembre 1881, se résumait de la manière suivante. L’actif s’élevait à 154,387,328 francs,
dont un tiers environ était représenté, soit par de l’argent comptant, soit par des disponibilités à très courte échéance. Le passif s’élevait à 96,001,176 francs, c’està-dire aux deux tiers environ des comptes créditeurs. Sur cette somme de 96 millions, les sommes dues à des tiers n’étaient comptées que pour 58 millions ; le surplus représentait des sommes dues par la Société à ellemême, telles que le capital social, la réserve légale, le fonds de prévoyance, le compte de profits et pertes.
Les bénéfices nets se sont élevés à 1 1 ,851 ,846 francs, sur lesquels il a été prélevé une somme de 3,865,735 fr., destinée à accroître les différentes réserves. Chaque action a reçu un dividende de 60 francs.
Pour l’exercice de 1882, le dividende a été également de 60 francs par action.
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Tableau «les intérêts et «Uvidendes
distribués par les Sociétés financières depuis leur origine jusqu’au 1er janvier 1883.
Comptoir d’escompte de Paris.
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Dividendes
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Dividendes
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Dividendes
Crédit
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industriel
et commercial.
Société |
de dépôts et de
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comptes
courants.