‹ Du placement des capitaux en valeurs de BourseChapitre 48 sur 135 · Baudrillart, Manuel d'économie politique · texte numérisé non relu

Baudrillart, Manuel d'économie politique

moments de crise, s’il fallait procéder à une vente en masse, elle se ferait à vil prix, et par suite le billet subirait une dépréciation. Ces inconvénients seraient atténués, sans doute, si la garantie consistait en un dépôt de fonds publics ; mais ils ne seraient pas supprimés. Pour que le billet de banque soit accepté comme l’équivalent de la monnaie, il faut qu’il puisse être remboursé en monnaie, à première réquisition.

Est-ce à dire que la banque devra tenir constamment en réserve du numéraire pour une valeur égale à celle des émissions de billets? Mais, dans ce cas, ces émissions perdraient évidemment une partie de leurs avantages. Il faut donc poser en principe que les émissions de billets à vue doivent être garanties : pour une part, par le dépôt d’espèces métalliques dans les caves de la banque ; pour une autre part, par les dépôts de numéraire effectués par les particuliers ; et enfin pour le surplus, par les effets de commerce, billets à ordre, traites, lettres de change qu’elle a , en portefeuille et qui doivent lui être remboursés à courte échéance. Sans doute, même quand ces conditions se trouvent réunies, on peut enc'ore admettre, à la rigueur, que si. tous les billets en circulation étaient présentés en même temps pour être convertis en numéraire, la banque serait dans l’impossibilité de les rembourser, puisque les effets qu’elle a en portefeuille ne sont pas immédiatement exigibles ; mais cette hypothèse de demandes de remboursement en masse est à peu près impossible, et, dans tous les cas, ^elle peut être écartée en donnant cours forcé aux billets.

DES BANQUES

Telle est, dans ses points les plus essentiels, la théorie du billet de banque. Nous aurons à y revenir, d’ailleurs, dans l’étude spéciale que nous ferons plus loin de l’organisation de la Banque de France ‘.

SECTION II

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