‹ Du plaisir et de la douleurChapitre 3 sur 107 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

PS LA PRBMI&RB EDITION

II semble qu'on ne puisse faire choix d'un sujet plus dépourvu de nouveauté, soit à cause de ce que chacun en sait naturellement par sa propre expérience, soit à cause de cette multitude d'ouvrages de morale, de théologie, de philosophie, sans parler des contes et des romans, qui ont pour objet le plaisir en lui-même, le plaisir sous toutes ses formes et dans tous ses modes, avec ses attraits et ses tentations, ou bien dans ses rapports avec la destinée humaine, avec le vrai bonheur et le souverain bien. Les traités psychologiques et physiologiques, médicaux, mystiques, sur la douleur, qui est ci . étroitement enchaînée au plaisir, ne sont ni moins qombreux ni moins divers. La lutte

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contre le plaisir où contre la douleur, la tempérance, la résignation, le courage, sont les lieux communs par excellence de la morale. Ajoutez que, de tous les phénomènes qui se passent au dedans de nous, il n'en est point qui semblent mieux connus de tous, non pas seulement du psychologue et du moraliste, mais de l'homme du monde, de l'ouvrier de la ville et des champs, de ceux enfin qui ont le moins pratiqué le grand précepte de la connaissance de soi-même.

On pourrait dire, il est vrai, que nous ne sommes pas moins familiers avec les autres phénomènes de conscience qu'avec le plaisir et la douleur. Tous les hommes, même les plus grossiers, ne pensentils pas, ne veulent-ils pas, et tous ne savent-ils pas, par la conscience plus ou moins confuse qu'ils en ont, ce que c'est que penser et vouloir ? Tous n'ontils pas, à chaque instant, quelque idée ou volonté présente à leur esprit, sans que néanmoins ils en sachant davantage sur leur pensée, sans qu'ils se rendent mieux compte des modes et des lois de la faculté de connaître et de vouloir? Tous sans exception vivent, pour ainsi dire, également au sein de ces deux sortes de phénomènes, mais ils sont par nature bien plus portés à réfléchir sur leurs plaisirs et leurs douleurs que sur leurs propres

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