CONCLUSIONS
Nous proposons de désig^ner sous le nom de Pncinnaiocèle du crâne^ une affection non décrite encore et caractérisée par l'existence d'une collection gmeuse entre le péricrâne et les os du crâne.
^Cette collection g-azeuse, qui ne dépasse jamais les limites delà rég'ion crânienne, mais peut en occuper toute l'étendue, succède à l'atrophie et, par suite, à la perforation de la lame externe des cellules mastoïdiennes ou des sinus frontaux. La cause de cette atrophie nous est tout à fait inconnue.
A mesure que l'air atmosphérique s'infiltre et se collectionne sous le péricrâne, la surface externe des os du crâne devient irrég^ulière et présente des dépressions et des saillies plus ou moins A^olumineuses. Les dépressions indiquent les points oii le péricrâne a cédé complètement dès le début, et, par conséquent^ la voie qu'a suivie le g-az. Les saillies, au contraire, sont le résultat de productions osseuses ou cartilag-ineuses, dans les points oii le péricrâne a conservé plus ou moins longtemps, ou conserve encore par leur intermédiaire, des adhérences avec les os du crâne. Cette altération est la conséquence de l'épanchement g^azeux, elle disparaît du reste rapidement lorsqu'on évacue le g-az et que, par la compression, on prévient la reproduction de la tumeur.
Le pneumatocèle du crâne est une affection facile à reconnaître. Il forme une tumeur lisse, quelquefois réductible, ou diminuant seulement par la pression , devenant plus tendue dans les efforts que fait le malade, non fluctuante, élastique, et sonore à la percussion. Lorsque, par la compression, on a diminué sa tension, on peut quelquefois, en déprimant sa paroi supérieure, sentir les irrégularités que présente la face externe des os sous-jacents.
On reconnaîtra que le pneumatocèle succède à la perforation des cellules mastoïdiennes, à ce que c'est au voisinag-e du conduit auditif qu'il débute, et que sa réduction ou sa diminution s'accompag-nent d'un bruit de sifflement perçu par le malade dans l'oreille correspondante.
Lorsque au contraire cette affection est la conséquence de la perforation de la lame externe des sinus frontaux, la tumeur débute vers l'une des apophyses orbitaires externes, sur les parties latérales de la rég-ion frontale. L'auscultation pratiquée vers la racine du nez^ pendant la compression de la tumeur, ou les efforts que fait le malade, permet d'entendre un bruit de sifflement, quelquefois des craquements comme des bulles de râle muqueux.
Le pronostic de cette affection est peu g-rave.
Le traitement à lui opposer consiste à évacuer le g'az par la ponction, à provoquer le recollement du péricrâne par la compression, et enfin, lorsque le résultat est obtenu, excepté au voisinag-e de l'ouverture des cellules mastoïdiennes ou des sinus frontaux, à mettre à nu par une incision la lamelle osseuse perforée, faire suppurer le fond de cette cavité et continuer, pendant le traitement et quelque temps encore après la cicatrisation, la compression, de façon à permettre à la cicatrice d'acquérir, au niveau de l'ouverture osseuse, assez de solidité pour résister à la pression de l'air emprisonné, pendant l'eflort, dans les cellules mastoïdiennes et les sinus frontaux.
- A. PARENT, imprimeur de la Faculté de Médecine, rue Monsleur le-Prince, 3i.