‹ Du pneumothorax essentiel ou pneumothorax sans perforationChapitre 9 sur 25 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

« Un homme âgé de 30 ans, d’une constitution fort sanguine, très-charnu et d’une vigueur extrême, reçut un coup d’épée dans !a poitrine, dont il mourut cinq jours après; on l’aurait peut-être sauvé, s’il avait voulu souffrir l’opération de l’empyème.

« Durant sa maladie, il lui survint un emphysème d’une grandeur monstrueuse. On le saigna six ou sept fois, parce qu’il crachait du sang, et qu’il ne pouvait respirer qu’en faisant des efforts de la dernière violence, et surtout pendant les derniers jours.

« Le blessé étant mort, j’ouvris son cadavre, j’en examinai principalement trois choses : 1" l’emphysème , 2” les yeux , 3® la poitrine avec la plaie

« Je passai à l’examen de la poitrine et de la plaie. Avant que d’ouvrir la poitrine, je lis un trou entre deux côtes, vers leur milieu, taisant presser en même temps la poitrine et le ventre. 11 sortit par ce trou, en forme de vapeurs, de l’air en assez grande quantité {]ui était fort puant. Je fis ensuite l’ouverture de la poitrine. J’observai qu’il y avait dans la cavité droite environ deux poëlettes de sang épanché qui était purulent ; que la plaie pénétrait non-seulement dans la capacité, mais qu’elle pénétrait aussi dans un des trois lobes du poumon droit; que les deux lobes où le coup n’avait

M) Mémoires de V Académie des sciences, 1713, p. 10.

pas porté étaient tendus et un peu enflammés, que le lobe blessé était dur et noirâtre, que la plaie était encore ouverte dans ce lobe, qu’elle avait 7 à 8 lignes de longueur, sur une et demie de largeur, et une de profondeur. Enfin la plaie était aussi ouverte à l’endroit de la plèvre et des muscles intercostaux, mais elle était fermée depuis ces muscles jusqu’à la peau, où il paraissait une espèce de cicatrice d’environ 2 lignes de longueur. »

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