‹ Du Pneumothorax Thérapeutique chez les Tuberculeuses GravidesChapitre 32 sur 47 · JO · texte numérisé non relu

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Tuberculose ulcéro-caséeuse à prédominance gauche, en pleine évolution au début d’une grossesse. — L'institution d’un pneumothorax, qui s’est révélé immédiatement efficace, a permis à la malade de poursuivre sa gestation dans de bonnes conditions. — Au sixième mois de la grossesse, afin de pouvoir compléter d’une façon plus efficace la collapsothérapie, on institue un oléothorax. — La gestation de la malade se poursuit d’une façon tout à fait satisfaisante, l’accouchement ne trouble en aucune sorte l’évolution cicatricielle des lésions pulmonaires. — Par la suite, l’oléocthorax est poursuivi et régulièrement entretenu. — Quatre ans après l’accouchement, la malade, qui n’est plus contagieuse, reprend son existence habituelle et est autorisée à garder son enfant auprès d’elle. Elle travaille régulièrement.

OBsERvATION N° r2

{ Mme Sav. Adrienne, 25 ans.

Alors qu'elle était âgée de 15 ans (1921), la malade a perdu son père de tuberculose pulmonaire.

En septembre 1924, elle présente elle-même à la suite d’un refroidissement, pendant quelque temps, un certain nombre de symptômes fonctionnels qui s’accompagnent d’une élévation quotidienne de température le soir. En juillet 1926, la malade se remet à tousser et brusquement fait une hémoptysie, d’autre part, elle a maigri de 5 kilos en 4 mois et présente depuis le début du printemps d’abondantes sueurs nocturnes. Par ailleurs, la malade a présenté ses dernières règles le 24 juillet. En fin septembre, elle se trouve au deuxième mois d’une grossesse.

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À cette époque, comme elle continue à maigrir et à se sentir extrêmement fatiguée, elle se présente à l'Hôpital Laënnec (Service du Docteur Rist) où elle est hospitalisée. À son entrée, l’auscultation montre la présence de gros râle humides au sommet gauche, les examens radiologiques révèlent d'autre part, l'existence à gauche d’une, diminution de transparence non homogène du tiers supérieur du champ pulmonaire à limite inférieure interlobaire nette, cette diminution de transparence étant constituée par des taches et des marbrures et présentant au centre une image claire ; d'autre part, le diaphragme fonctionne mal de ce côté. Il existe enfin à droite sous la clavicule une tache lancéolée supecte reliée au hile par une traînée dense.

On se trouve bien en présence d’une tuberculose ulcéro-caséeuse à prédominence gauche très nette faisant une pousée évolutive à l’occasion d’une grossesse, d’ailleurs l'examen de l’expectoration montre la présence d’asez nombreux B. K.

Le Docteur Rist institue une pneumothorax ar-

tificiel gauche le 3 oct. 1926 : —9 4oo oxyg. 100 air, —5 ; 2° insufflation, le 5 octobre 1926 : —7 500 —3 ; 4° insufflation, le 14 octobre : —6 4oo —2.

Les insufflations sont poursuivies par la suite tous les 10 jours. Elles sont d'environ 350 à 400 cm3 d’air à chaque insufflation, jusqu’en fin novembre.

Dès la troisième insufflation, la radioscopie montre un pneumothorax efficace, avec décollement médiastinal. Au début de novembre, on a obtenu un décollement complet, le collapsus est parfait ; mais en fin novembre, la malade présente des points de côté douloureux à gauche, une mince couche de liquide apparaît alors, dont le niveau s'élève par la suite. On suspend les insufflations.

On retire par ponction le 17 décembre, 600 cm3

d'un liquide clair séro-fibrineux que l’on remplace par 450 cm3 d’air (P.1. —4°; P.T. +9). Les insufflations sont reprises tous les 8 jours par la suite, elles sont en moyenne de 100 cm3, la malade augmente régulièrement de poids ; il n'existe plus de bacilles dans les crachats depuis 6 semaïnes environ.

En fin décembre, un début de symphyse spontanée se produit, cette tendance à la symphyse empêchant de poursuivre efficacement la compression, le Docteur Rist décide d’instituer un oléothorax, afin de poursuivre efficacement la collapsothérapie. On fait une première injection de 100 cm3 d'huile de paraffine goménolée à 4 %, le 9 janvier 1927.

Le 11 janvier : —1 200 cm3 d’huile de paraffine soménolée o.

Le 15 janvier : o 100 cm3 d'huile de paraffine goménolée +10.

Le 15 février : o 80 cm3 d'huile de paraffine goménolée + 30.

Le 19 mars: o 150 cm3 d'huile de paraffine goménolée + 10.

Le 5 avril 1927, la malade pèse 60 kilos 800, à cette date, elle continue à fort bien supporter sa grossesse, son état général est toujours très satisfaisant, elle approche du terme.

La malade entre le 17 avril 1927, à la clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), le travail commence à 14 heures et la malade accouche «pontanément le 18 avril à 2 heures 30 d’une fille vivante pesant 2 kilos 730. À 4 heures 18, délivrance naturelle et complète, poids 520 grs. Suites de couches à peu près normales (température à 37°8 les 2% 4,25 2408"oret 137 jours; énsuité retour à la normale).

Pendant le post-partum l’état général de la malade est sussi satisfaisant que possible, il demeurera

— ro —

excellent par la suite ; le Docteur Rist sera donc bien fondé à déclarer 8 mois plus tard, en décembre 1927: « La collapsothérapie, d’abord réalisée par le pneumothorax, complétée et poursuivie par la suite par l'oléothorax, a eu ici un plein succès, à tel point que la malade a pu accoucher le 18 avril 1927 dans de très bonnes conditions d’un enfant normal et que cet accouchement ne paraît avoir en aucune sorte troublé l’évolution cicatricielle des lésions pulmonaires ».

La malade revient de la Maternité le 4 mai 1927 et restera à Laënnec pendant 2 mois et demi environ.

Le 5 mai, on lui fait une nouvelle injection d'huile goménolée de 150 cm3 pour compléter le collapsus (P.I. +2; P.T. +30). Pendant ce court séjour, elle engraisse d'environ 3 kilos.

Rentrée chez elle, le 17 juillet, elle se remet à travailler en contrevenant ainsi aux prescriptions médicales ; en fin septembre, comme elle est de nouveau un peu fatiguée, elle rentre à nouveau à Laënnec jusqu'à son départ pour le Sanatorium d'Ivry,

En novembre 1927, l'examen radiologique montre que le champ pulmonaire gauche repoussé par l'huile est complètement opaque ; le champ pulmonaire droit paraît normal. La malade reste à Ivry, du mois de novembre 1927 au mois de mai 1029. Pendant ce séjour, elle revient régulièrement june fois par mois au Dispensaire Léon Bourgeois où l’on poursuit toujours son oléothorax dans les meilleures conditions.

Après sa sortie d'Ivry, la malade reste deux mois à Laënnec avant son envoi au sanatorium d’Angicourt où elle reste environ 1 an. | Depuis janvier 1930, la malade n’est Flus contagieuse, trois homogénéisations des expecorations, une inoculation au cobaye se sont montrés négati-

ves ; aussi le 25 août 1930, la malade est-elle autorisée à reprendre son existence normale et à garder sa fille auprès d’elle.

La malade revue en octobre 1930, et février 1931, est toujours en parfaite santé, quatre ans et demi après le début de la collapsothérapie, près de quatre ans après l'accouchement.

Tuberculose ulcéro-caséeuse évolutive du lobe supérieur gauche traitée par un pneumothorax artificiel au quatrième mois d’une gestation. — La collapsothérapie pérmet à là malade dé mener à terme sa grossesse. — Accouchement normal. Il se forme cependant un épanchement pleural dans les suites de couches. — L'état général de la malade demeure excellent, elle rentre chez elle après un court séjour à l’hôpital. — Six mois après l’accouchement, l’état général est toujours excellent.

Mme Tis. Valentine, 21 ans.

La malade à eu une broncho-pneumonie à l’âge de 10 ans ; par la suite son état était demeuré satisfaisant.

Mariée à 19 ans, dans le courant de l’année 1928, elle commence une grossesse vers la fin du mois de février 1980, dès le début de cette grossesse, la malade accuse une fatigue marquée, présente d’abondantes sueurs nocturnes et se met à tousser.

En juin 1930, c'est-à-dire au 4° mois de sa grossesse, elle va consulter un médecin ; reconnue atteinte de tuberculose pulmonaire, elle est envoyée à la Fondation Barth, où un pneumothorax artificiel : gauche lui fut institué dès la fin de ce mois.

À ce moment, elle présentait, en effet, des lé-

sions ulcéro-caséeuses évolutives du lobe supérieur gauche.

Le pnéumothorax se révéla immédiatement efficace, la malade reprit du poids, la toux et l’éxpectoration diminuèrent, puis disparurent ; l’état général s’améliora considérablement, sa gestation se

poursuivit d'autre part dans d'excellentes conditions.

La malade étant près du terme est envoyée à la Maternité du Raincy où elle accouche spontanément le 13 novembre 1930, d’un garçon vivant qui fut, de suite, vacciné au B.C.G. Cet enfant, séparé de sa mère dès sa naissance, et envoyé en placement à la campagne, est actuellement fort bien portant.

Pendant les suites de couches, la malade présenta une température vespérale aux alentours de 38°5, 39°, puis tout rentra dans l’ordre ; mais comme il existait des signes de réaction pleurale, au niveau de son pneumothorax, la malade fut envoyée au dispensaire de Neuilly, le 4 décembre 1930, où l’on nota en effet, la présence d’une assez importante réaction liquidienne ; on dirigea la malade sur l'Hôpital Beaujon (service du Professeur Ag. DEBRE) où elle entre le ro décembre 1930.

À ce moment la malade n’accuse pas de dyspnée ; elle se sent beaucaup moins fatiguée qu’au moment de l'apparition du liquide, ne tousse pas, ne crache pas, elle présente cependant toujours le soir, une température aux alentours de 38°. La percussion mon-

‘tre une matité franche au niveau du poumon gauche

et l’auscultation révèle l'existence à ce niveau d’un souffle intense aux deux temps de la respiration, à la rediologie, on voit que le poumon est toujours bien comprimé, mais le liquide remonte jusqu’à un travers de doigt sous la clavicule. En conséquence, on décide de ne pas insuffler la malade dont le repos améliore considérablement l’état général.

La malade en parfait état, ne présentant plus de température, sort de Beaujon, le 20 janvier 1931. Depuis lors, elle revient régulièrement se faire suivre au centre de triage de cet hôpital. En avril l’état de la malade est toujours excellent.

Tuberculose ulcéro-caséeuse bilatérale ayant évolué relativement lentement pendant 3 ans. —— Au bout de ce temps, la malade commence à évoluer plus rapidement. — Peu de temps après cette réactivation, la malade commence une gestation. L'état général et pulmonaire de la malade commande alors l'institution d’un pneumothorax; malgré un décollement incomplet, la collapsothérapie se montre efficace, la malade supporte fort bien un accouchement particulièrement pénible. — Un an après l'accouchement, la malade accepte l'institution d’un oléothorax, proposé depuis longtemps, pour obtenir le collapsus complet. —— L’effet de cette thérapeuthique est très satisfaisant. — Actuellement, deux ans et demi après l’accouchement, la malade est toujours en parfait état général.

Madame Lav. Suzanne, 27 ans.

La malade fit en 1924 un épisode fébrile, avec points de côté à droite et toux, qualifié de congestion pulmonaire. Après 15 jours de maladie, elle reprit cependant son travail, mais se sentit alors constammeni fatiguée.

Un mois plus tard, eut lieu une rechute avec points de côté à gauche, température, toux et expectoration. |

La malade a continué depuis cette époque à se sentir toujours fatiguée, est restée subfébrile et a toussé assez fréquemment. En juin 1927, elle accouche d’un enfant mort-né. Depuis lors son état décline, elle vient consulter en Novembre 1927, au Dispensaire de son quartier où l’on constata l'existence de lésions du sommet gauche, son expectoration fut

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