CONCLUSIONS
De l’ensemble de notre étude sur les résultats de la collapsothérapie chez les tuberculeuses gravides, nous pensons pouvoir tirer les conclusions suivantes :
1) Depuis l'emploi de plus en plus répandu de la collapsothérapie, la grossesse et l’accouchement survenant chez une tuberculeuse ne doivent plus être systématiquement considérés comme exerçant l’influence nocive qui leur était attribuée sur l’évolution de la tuberculose.
2) Lorsque le pneumothorax a déterminé une guérison clinique de la tuberculose, une grossesse survenant quelques mois après l’arrêt du pneumothorax ne semble pas réveiller la tuberculose.
3) Tout incident tuberculeux survenant chez une femme enceinte constitue une indication pour la collapsothérapie qui améliorera le pronostic.
4) Pour les tuberculeuses chez lesquelles le traitement par le pneumothorax avait amené une sédation des lésions évoluantes, la gravidité apporte toutefois un élément nouveau à redouter qui rend le pronostic plus réservé.
5) Afin d'établir le pronostic de la tuberculose chez une femme enceinte traitée par le pneumothorax, il faut, dans chaque cas particulier, analyser les facteurs d'ordre général qui interviennent dans tout traitement par le pneumothorax et dont les principaux sont :
a) L'état des lésions du poumon atteint ; b) L'état du côté opposé ;
c) L'état des autres organes ;
d) L'efficacité du pneumothorax qui, selon les cas, aboutit à un décollement plus ou moins complet et au collapsus pulmonaire plus ou moins parfait :
(Dans certains cas, on pourra plus efficacement . 5. : . ; poursuivre la compression par l'institution d'un oléothorax.)
e) La continuité du traitement
(le traitement peut en effet être arrêté, soit par l'insubordination de la malade, soit par l’impossibilité secondaire de poursuivre les insufflations ou d'obtenir un décollement efficace, dans ces cas, il peut y avoir parfois intérêt à pratiquer une phrénicectomie, dans certains cas, on peut même envisager la nécessité d’une thoracoplastie) ;
f) Les complications propres au traitement.
6) Enfin, il faut toujours envisager le potentiel évolutif de la tuberculose et tenir compte également de divers facteurs particuliers dus, la plupart, à l’état de grossesse et de maternité : facteurs d’aggravation tels que chagrins, difficultés, surmenage physique et moral, la plupart causés par la présence même de l'enfant qu'il est, parfois, préférable, pour cette raison même, de séparer de sa mère lorsqu'il n'y a plus de crainte de contagion ; facteurs d'amélioration au contraire comime l’euphorie particulière que détermine souvent la gestation, euphorie et réjouissance morale dont le retentissement sur l’état général et pulmonaire est souvent considérable. La joie et la fierté maternelle, après la naissance de l'enfant, accentuent encore, très souvent, cet effet si favorable de la gestation.
7) Nous pensons qu'on ne peut porter à priori un pronostic défavorable sur les gestations survenues au cours du traitement par le pneumothorax bilatéral, nous avons en effet pu suivre 4 malades qui
ont bien supporté leur gravidité et poursuivent actuellement leur traitement dans les meilleures conditions.
8) Le nombre élevé d'enfants actuellement bien portants nés de mères traitées par le pneumothorax, plaide en faveur de l'application de la méthode.
Vu : Le Président, F. BEzANÇON.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris :
S. CHARLÉTY