‹ Du Poils Lent Permanent (Syndrome de Stokes-Adams) Étude Clinique et PathogéniqueChapitre 2 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avons observé dernièrement en province un cas de pouls lent permanent qui nous a semblé absolument typique. Le malade présentait en effet la triade caractéristique du syndrome de Stokes-Adams : pouls très ralenti, vertiges et syncopes, crises épileptiformes. Nous avons pu le suivre et le revoir plusieurs fois et il nous a paru intéressant d'étudier à cette occasion la question non encore résolue complètement de la pathogénie de la maladie de Stokes-Adams et d’en faire le sujet de notre thèse.

Après une rapide étude historique de la maladie de Stokes- Adams, nous en analyserons les symptômes. Nous étudierons ensuite ses causes et les diverses théories pathogéniques émises pour l’expliquer. Enfin nous en indiquerons rapidement le traitement.

Historique. — Adams, le premier, en 1827, rapporta une observation avec autopsie de pouls lent permanent coïncidant avec l’apparition d’attaques apoplectiformes, répétées pendant longtemps et sans paralysies. L’autopsie montra une dégénérescence graisseuse du cœur, à laquelle l’auteur crut devoir rapporter la cause de l'affection.

Stokes, en 1846, donne des observations détaillées de l’affection et constate aussi la dégénérescence graisseuse du cœur. Il rapporte aussi à cette lésion la cause de la maladie.

Un peu plus lard, Holberton, Gurlt, Hutchinson, Rosenthal,

montrent par leurs observations que la dégénérescence grais- Mesnager 1

pouls lent transitoire par action réflexe s’observe dans les douleurs vives ou au cours de violentes émotions.

Dans tous ces cas, il est facile de rapporter le ralentissement du pouls à sa véritable cause. L'ensemble des symptômes constituant la maladie causale fournit des éléments suffisants de diagnoslie : au cours d'un ictère biliphéique, par exemple, au cours d’une intoxication, d'une pyrexie quelconque, au cours d’une méningite surtout, il ne saurait être question de discuter le diagnostic du pouls lent permanent. La disparition du ralentissement du pouls en cas de guérison ne laisserait aucun doute à ce sujet.

Nous devons encore éliminer du cadre de la maladie de Stokes-Adams le pouls lent permanent physiologique qui se rencontre chez des sujets sains et parfaitement constitués. Il ne semble avoir pour origine aucune lésion pathologique et parait être congénital. On a signalé comme cause de ce phénomène anormal l'influence de la race : les Bretons, les Nègres présenteraient un pouls un peu plus lent que la normale. Le cas célèbre de Napoléon I* dont le pouls ne battait que 40 fois par minute ne doit pas être admis sans réserves. Napoléon présentait d’ailleurs des crises de petit mal.

Les observations caractéristiques de pouls lent physiologique ne sont pas très nombreuses : Haller en rapporte deux cas avec pouls à 25 à 30, Tripier un cas où le pouls lent serait apparu chez une jeune fille et aurait persisté pendant 62 ans, le pouls battant à 40-50. Dans la plupart des cas publiés, le pouls battait 40 à 50 fois à la minute, cependant nous devons signaler plus spécialement le cas rapporté par Vigouroux qui a connu pendant cinq ans un laboureur dont le cœur et le pouls battaient 20 fois par minute. Dans une observation de Rendu publiée dans la Semaine médicale en 1891, il s’agit d'un jeune homme dont le pouls battait de 16 à 18 ; la fréquence du pouls ne s'élevait même pas s! le malade travaillait, courait ou montait précipitamment un escalier. Ce sujet était d'ailleurs très bien portant.

Le pouls lent physiologique, pour être rare, n’en existe donc pas moins ; il se distingue d'ailleurs très facilement du pouls

lent permanent pathologique par l'intégrité absolue et complète de la santé générale, et par l’absence totale des troubles nerveux qui accompagnent la maladie de Stokes-Adams.

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