ANATOMIE DU FAISCEAU DE HIS
On croyait jusqu’à ces dernières années à l'indépendance complète chez l'homme des systèmes musculaires auriculaire et ventriculaire.
Gaskell en 1883 montre que dans le cœur de la tortue, l'impulsion contractile passe de l'oreillette dans le ventricule par connexion musculaire, et Kent en 1893 montre qu'il en est de même chez les mammifères.
C'est en 1893 que His fit voir que chez l’embryon l'impulsion contractile se produit avant que les nerfs cardiaques soient développés et suit un faisceau musculaire spécial unissant l'oreillette au ventricule, et qu’il décrivit ce même faisceau auriculo-ventriculaire chez l'homme.
His pense dès lors que certaines discordances des rythmes auriculaire et ventriculaire peuvent s'expliquer par des lésions de ce faisceau.
Enfin Tawara, au Congrès de Toronto, décrit dans ses détails l’anatomie du faisceau de His.
Ce faisceau naît de la paroi de l'oreillette droite, près de l'angle antérieur de la veine coronaire, Il descend en avant sous
le foramen ovale et croise obliquement le septum auriculo-ventriculaire. Au dessus de l'insertion de la valve tricuspide externe, il forme un épaississement ou nœud, puis il pénètre dans le septum fibreux interventriculaire. Arrivé à la partie musculaire du septum, il se divise en deux branches droite et gauche, qui l’une et l’autre descendent sous l’endocarde, le long de chacune des deux faces du septum (La branche gauche du faisceau peut se voir à l’œil nu). |
Les branches principales droite et gauche, ainsi que leurs divisions antérieures et postérieures, sont visibles grâce à la présence d’une tunique conjonctive, qui, jusqu’au tiers inférieur du septum les isole complètement du reste du myocarde. Elles se divisent ensuite en une infinité de branches dont les unes aboutissent aux muscles papillaires et dont les autres pénètrent dans les piliers de second et de troisième ordre, rayonnant en tous les sens sous l’endocarde, et finalement se confondent avec les fibres ordinaires du myocarde.
Histologiquement, le faisceau de His diffère du reste du muscle cardiaque par ce fait que ses fibres sont moins riches en sarcoplasme ; elles ont une tendance marquée à s'entrelacer et à affecter une disposition réticulaire surtout au niveau du « nœud » signalé plus haut. Enfin elles sont beaucoup plus pâles que les fibres cardiaques ordinaires. La pâleur et la présence d’une tunique conjonctive sont donc les deux traits caractéristiques des fibres du faisceau de His.
Chez un sujet âgé, on peut voir à l'œil nu une partie du faisceau auriculo-ventriculaire. Sur la face gauche du septum interventriculaire au-dessous de la partie membraneuse et de la racine de l'aorte, on voit, tranchant sur le fond brun du myocarde, une bande grisatre large de un centimètre qui descend verticalement et bientôt se divise en une branche antérieure
et une branche postérieure.