‹ Du Point De Côte Dans La PleurésieChapitre 15 sur 40 · DE SES CARACTÈRES · texte numérisé non relu

DE SES CARACTÈRES

et de ses divers degrés d'intensité.

La douleur pleurétique peut présenter tous les caractères qu'on assigne à la douleur en général. Hahnemann et ses disciples avaient su distinguer soixante et treize espèces de douleurs.

Elle peut être, en effet, tantôt une cuisson, tantôt une brûlure, tantôt une douleur pulsative.

Le plus souvent, c’est une douleur aiguë, lancinante, analogue à celle que donnerait un instrument pointu enfoncé dansles chairs.

D’autres fois, c'est une douleur térébrante, déchirante.

Elle peut être gravative, pongitive, donnant la sen- | sation d’un gros poids qui comprimerait la poitrine.

Cette douleur est tantôt continue et ne s'exagère que dans les mouvements respiratoires ou dans les secousses de la toux ; tantôt intermittente, et ne se montre que par intervalles, provoquée seulement par la toux et les grandes inspirations.

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Elle est exaspérée par le moindre frottement. La percussion l’augmente. Elle est une des principales causes de la dyspnée, car elle entrave à tel point chacune des inspirations des pleurétiques, qu’elle produit une respiration entrecoupée et saccadée.

Lorsque le dyspnée est médiocre, elle paraît, en effet, plutôt due à la douleur qui brise l’inspiration qu’à la compression du poumon par le liquide épanché, car elle cesse ordinairement après quelques jours en même temps que le point pleurétique.

Un malade, par exemple, arrive avec un abondant épanchement et une violente douleur : si nous lui appliquons quelques ventouses ou un vésicatoire, le point de côté aura disparu le lendemain; le malade se sentira moins oppressé, 1l respirera relativement bien et cependant sa plèvre contient toujours la même quantité de liquide. Souvent même le liquide augmente et la dyspnée cesse.

Dans d’autres circonstances plus rares pour la pleurésie aiguë, la douleur est peu vive; c’est à peine si le malade se plaint. Il faut y appeler son attention. Il éprouve à peine la sensation d'une constriction.

Dans tous les cas, le malade, pour calmer cette douleur, s'efforce de modérer sa respiration et d'éviter la toux.

La pression dans les, espaces intercostaux, réveille cette douleur, et c’est même un moyer d’en constater le siège. ;

Nous avons déjà dit, au début de ce chapitre, que la douleur n’est pas continue. Notons également qu'elle

Re. peut même disparaître complètement le jour pour reparaître la nuit.

Le point pleurétique, avons-nous dit, n'offre de degré de violence qu'à une époque très limitée de la maladie, à la période qui précède l’épanchement.

La connaissance de cette date nous amène à signaler deux préceptes que le médecin doit ne pas ignorer, à SaVOIT : l

1° Quand le malade entre à l'hôpital, on vient demander les soins d’un médecin, sa douleur ayant beaucoup diminué, et se sentant notablement soulagé, 1l peut ne pas attirer suffisamment l’attention du médecin sur la cause de son mal ;

2° Quand la douleur est violente au moment de l’examen, la percussion et l’auscultation ne donnent souvent que des signes négatifs.

Il est bon, nous le voyons, de signaler ces deux points qui peuvent éviter au médecin plusieurs erreurs. Ils Jui montrent, en effet, qu'il ne saurait trop ausculter son malade, aussi bien au début qu à la fin de la maladie.

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