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DE LA DOULEUR

Dans les pleurésies latentes.

Il y a des pleurésies qui, sans avoir aucune tendance bien marquée à la purulence, sans provenir d'aucune lésion déjà ancienne ou des plèvres, ou des poumons, ont une marche différente de celle que nous avons constatée dans la pleurésie franchement aiguë.

À la suite d’un refroidissement, ou même sans cause déterminante bien appréciable, dit Trousseau, un individu est pris de frisson, de malaise d’inappétence, de courbature ; il ressent un point de côt‘ peu violent; ce point de

HOME côté peut même manquer: il a pendant quelques jours une petite toux sèche : son épanchement pleurétique devient considérable, sans trop le gêner.

C'est bien là le cas cité dans les Cliniques de Trousseau.

Une jeune fille fut prise d’un point de côté, qui fut assez violent la nuit qui succéda son invasion. Ce point de côté dura peu. La malade continua à travailler pendant sept semaines jusqu'au moment où ayant ressenti des frissons, elle se vit obligée de rentrer à l'hôpital.

Cette malade avait manifestement les symptômes d'un vaste épanchement, car la pointe du cœur battait à droite.

Ainsi, cette jeune fille présentait les signes de ces pleurésies dites latentes, chez lesquelles la fièvre est nulle, le point de côté à peine sensible, et la respiration bonne. ;

Et ce qu'il y a de plus remarquable, dit Trousseau, c’est que ces pleurésies, en quelque sorte latentes, donnent lieu aux épanchements les plus excessifs.

Trousseau raconte encore, dans ses Cliniques, l'histoire d'une nourrice qui, en 1845, vint à pied, portant sur elle un enfant de la pointe Ste-Eustache où elle demeurait, jusqu’à l’hôpital Necker,ayant ainsi fait 4 kilomètres sans éprouver une grande fatigue. Elle avait cependant un épanchement si considérable, qu à son entrée, Trousseau jugea la paracentèse indispensable et qu'il retira 2,500 grammes de liquide.

N’avons-nous, pas, dans nos observations (n° 17 et n° 18) deux cas frappants de ces pleurésies, dites latentes ?

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Dans ces deux observations, nous y voyons les malades porter des épanchements de sept à huit litres, d'un liquide s‘ro-purulent.

Le début de leur maladie remonte à deux ans.

Malgré l’abondance de cet épanchement, ils n’ont Jamais eu, au début, de violent point de côté.

Ces pleur‘sies latentes sont souvent la manifestation de la diathèse tuberculeuse, l'expression d’une phthisie commençante. Ainsi que Stoll l'avait signalé depuis longtemps : Æst pleuritis latens, sæpe chronica, non raro hæreditaria, turnque in phthisis terminanda.

Nous voyons, par tous ces exemples, que ces pleurésies ne viennent que sur un organisme affaibli ; tandis qu’un individu doué d’une bonne santé aura une pleurésie franchement aiguë avec un point de côté intense.

Douleur dans les Pleurésies

Chroniques, simples et purulentes

En traitant du point de côté dans la pleurésie aiguë, nous n'avons eu sous nos yeux que des personnes robustes, douées d’une constitution assez forte, chez lesquelles la maladie a suivi un cours régulier.

Mais tout ne.se passe pas toujours ainsi, et un grand nombre de malades atteints de pleurésie sont souvent sous le coup d’une diathèse quelconque, telle que la scrofule, la tuberculose, l’arthristime, ou bien encore 1ls sont usés

RPC par l’abus de l’alcool, ou par des privations et des fatigues exCeSssives.

Toutes ces personnes ont, en un mot, leur santé délabrée par cette sorte de misère physiologique qui cause tant de ravages dans l'organisme.

Que ces mêmes personnes s’exposent à un refroidissement quelconque ; elles pourront prendre une pleurésie et avec une facilité d'autant plus grande qu’elles n'auront pas la force nécessaire pour résister à l’évolution de la maladie. |

Chez elles, il pourra survenir deux cas ;

1° Ou bien la maladie débutera franchement, et alors la douleur sera celle que nous avons trouvée dans toutes les pleurésies aiguës. La maladie peut bien s'arrêter et durer peu de temps, mais le plus fréquemment elle continue son chemin, elle s’éternise et tombe dans le domaine des pleurésies chroniques.

2° Ou bien la maladie sera chronique d'emblée, elle débutera sournoisement, sans point de côté violent.

Dans les deux cas, la douleur ne présente pas de point bien précis ; elle est diffuse, c’est-à-dire répandue sur tout le côts affecté.

Si la douleur présente quelque exagération, quelque acuité, ce n'est qu'au moment où le malade fait une longue inspiration ou essaie de tousser.

Enfin la maladie persiste : Le liquide épænché, s'il y en a, peut bien se résoudre, mais lentement, et pendant ce temps les fausses membranes se forment dans la plèvre pour y séjourner.

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Dans la pleurésie purulente, la douleur peut exister, comme ne pas exister, selon le cas. |

Si la pleurésie purulente complique la pyohémie ou la ; fièvre puerpérale, son début, latent et insididux, n’est marqué par aucun trouble fonctionnel qui éveille l’attention : il n y a ni douleur de côté, ni oppression, et on ne reconnaît la maladie que si l’on songe à pratiquer l’exploration physique de la poitrine.

Si la pleurésie purulente succède à une pleurésie franche, elle se confond à l'origine avec celle-ci, et la purulente s'établit sans changement notable dans les symptômes : on y observe un point de côté semblable à celui de la pleurésie aiguë.

Souvent aussi, la pleurésie disparaît en plusieurs endroits pour porter toute son intensité sur un seul point ou elle devient enkystée.

Et le malade, toujours chétif et souffrant, traîne péniblement sa pleurésie bien longue à se résoudre.

Nous avons, salle 14, lit 12, un malade pâle, maigre, depuis bientôt trois ans, époque à laquelle 1l prit une pleurésie.

Il présente, au niveau de l’angle de l'omoplate, tous les symptômes d’une pleurésie enkystée, simulant, à s’y méprendre, tous les signes d’une grande caverne.

Il dit ne pas souffrir beaucoup. Cependant, si nous comprimons la poitrine à l'endroit malade, 1l paraît ressentir une douleur plus aiguë que dans aucune autre partie de la poitrine.

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