DOULEUR PAR PROPAGATION DE SENSATION
Les douleurs sus-claviculaires sont d'un autre ordre.
Ce sont des douleurs réflexes qui suivent les divers rameaux du plexus cervical, surtout de la quatrième paire, principale origine du nerf phrénique, et qui se manifestent surtout au moignon de l'épaule, soit le long du bord externe du trapèze, quelquefois jusque dans les régions sus-scapulaire. Elles se développent par une réflexion de
sensation facile à concevoir, vu la proximité des origines nerveuses; les nerfs phréniques et acromio-thoraciques, branches d’un même plexus, naissant de la moelle très près les unes des autres.
Ces douleurs peuvent s annoncer brusquement, avec violence, suivant le trajet que je viens d'indiquer, causant une dyspnée intense, de l’oppression et de l’angoisse : c’est là le cas le plus fréquent.
Mais il peut arriver aussi que le début soit plus insidieux ; et c’est le cas que j'ai observé dans le service de M. le docteur Lande. KE
Le malade que j'examinai présentait, à son arrivée, tous les signes et les irradiations d’une névralgie diaphragmatique peu intense, mais rien à l’auscultation : il se plaignait, en même temps, de langueurs d'estomac.
Quinze jours après le début de la maladie, je constatai de la matité à la base de la poitrine, et des frottements.
Guesneau de Mussy indique un point qui serait le foyer de la sensibilité et qu'il appelle « bouton diaphragmatique ». Ce point est situé à l'intersection de deux lignes dont l’une continuerait la direction de la partie osseuse de la 10° côte, dont l’autre prolongerait le bord externe du sternum. Quand l'extrémité du doigt rencontre ce point, les malades jettent un cri. ;
La sensibilité peut être réveillée par la pression plus loin encore, vers la partie postérieure du dernier espace intercostal, près du vachis.
En outre, dit Guesneau de Mussy, en refoulant de bas en haut la région hypochondriaque, on produit, en géné-
de pee ral, une douleur vive qui ne se manifeste pas quand on presse dans une direction inverse.
On constate de plus dans la pleurésie diaphragmatique surtout celle qui présente un certain état de gravité, que la face est gripée et, dans les cas les plus graves, agitée de mouvements convulsifs.
Portal et J. Frank expliquent ce fait par les anastomoses entre le nerf diaphragmatique et le nerf vague, et entre ce dernier et le facial qui distribue ses rameaux aux muscles des lèvres.
Cependant ni J. Frank, n1 Andral, ni Guesneau de Mussy n’en font mention dans leurs observations.
Les vomissements sont assez fréquents ; ils sont dûs à une action réflexe, si les anastomoses entre le phrénique et le pneumogastrique existent, comme le pense Haller.