‹ Du Point De Côte Dans La PleurésieChapitre 25 sur 40 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

De l'importance de la douleur pleurétique dans le

diagnostic.

Si nous résumons la thèse, nous voyons :

1°— Que la douleur de côté avait pour les anciens une grande valeur, et que, sous ce titre, ils désignaient toutes les affections thoraciques, la pleurésie et la pneumonie, et qu'il nous faut arriver jusqu à Laennec et Andral, pour trouver une distinction bien nette entre ces deux maladies ;

2°— D'après les considérations que nous avons exposées au chapitre de l’anatomie-pathologie, nous concluons que la lésion qui occasionne la douleur, siège le plus souvent dans les nerfs, et que cette affection est plutôt une névrite; mais que, cependant, le point douloureux variant dans de si grandes limites, nous sommes obligés d’admettre que le mécanisme de sa production diffère souvent, et que cette douleur peut être ou une névralgie, ou une névrite, ou une pleurodynie, ou que ces trois lésions peuvent exister ensemble ;

3° — Si nous donnonsle résumé du chapitre qui traite du siège de la douleur. dans la pleurésie aiguë, nous voyons

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la douleur se manifester le plus souvent au niveau du mamelon, puisque sur 87 cas d'observations prises dans diverses cliniques, nous le trouvons 59 fois à l’endroit indiqué, mais qu’il peut aussi apparaître dans le creux de l'aisselle, sous l’une ou l’autre clavicule, le long du sternum, au niveau des fosses sus et sous-épineuses ;

4° — Le symptôme douleur dans la pleurésie, est un des signes les plus constants, puisque sur les 87 observations que nous avons suivies, nous ne le voyons que huit fois ;

5° dépend surtout des allures plus ou moins vives de la pleu-

La durée de la douleur est des plus variables; elle

résie ; mais néanmoins, sa durée ordinaire varie entre trois et huit jours ;

6° — La douleur présente, quant à son intensité, des signes si différents, qu'il est impossible de donner des règles fixes ;

7° — En même temps que la fièvre, la dyspnée, latoux, : l'oppression, apparaît aussi la douleur, qui est un symptôme fréquent de la période aiguë, et accompagne tous les signes du début de l’inflammation ;

8 — Dans la pleurésie diaphragmatique, la douleur se montre surtout au miveau du rebord des fausses côtes, suit le trajet du phrénique, se montre au niveau de l’insertion intérieure du scalène antérieur et jusqu'au moignon

de l'épaule.

9°— Si la douleur peut ne pas se montrer, c’est dans ces pleurésies, dites latentes, à épanchement considérable.

RUE ROME lA pleurésie chronique d'emblée, la douleur ne présente pas de point bien précis, elle estdiffuse, c'est-

à-dire répandue surtout le côt£ affecté.

11° — Dans le diagnostic différentiel entre le point pleurétique, et les autres douleurs thoraciques, nous constatons que ce point de côté a des symptômes complètement indésendants des autres douleurs.

D'après toutes ces considérations, nous pouvons conclure que si la pleurésie débute avec fracas, et fièvre intense, la douleur sera vive.

Si la pleurésiesurvient avec des allures moins franches, «1 elle atteint ou un tuberculeux, ou un strumeux,ou un alcoolique, le point de côt sera à peine marqué, et ne gênera que faiblement le malade.

D'un autre côté, nous pouvons admettre que, si la douleur n’a pas une importance très capitale, elle vient, n‘anmoins, très souvent en aide au clinicien, peut le mettre sur la voie de la maladie, et lui faire découvrir bien des symptômes qui auraient échappé à son œil, sans la présence du point de côté.

Souvent, en effet, dès le début d’une pleurésie aiguë, le point de côt: est un des rares symptômes. Car à la percussion, vous ne constatez que de la submatité, et à la base seulement, et à l’auscultation, diminution à peine sensible du murmure vésiculaire ; mais le malade accuse une vive douleur, il respire difficilement, et 1l a déjà quelques frissons.

D'autres fois, les signes du début manquent complètement : on ne constate absolument qu'une douleur assez

Toi violente et quelques légers frissons, et un peu de dyspnée. De ces quelques symptômes, vous pouvez déjà conclure qu’une pleurésie va survenir; car il n’est pas de point de côté, en dehors de la pleurésie qui s'accompagne ainsi de frissons et de dyspnée.

Il peut nous arriver souvent aussi de rencontrer des pneumoniques affectés d’une douleur très intense. Fautil attribuer cette douleur à l’inflammation du parenchyme pulmonaire? Nous avons déjà vu en anatomo-pathologie, que des expérimentateurs avaient pu dilacérer des poumons de lapins sans leur arracher un cri.

Cette expérience qui nous démontre l'absence de filets nerveux dans le poumon, prouve aussi qu'il nous faut chercher plus loin le siège de la douleur, laquelle sera due à la coexistence d’une pleurésie.

Ainsi en règle générale, si un malade est atteint d’un violent point de côté avec fièvre et dyspnie, c’est qu'il a une pleurésie aiguë.

Dans la pleurésie chronique, les symptômes sont quelquefois très peu marqués, comme cela arrive chez des malades porteurs de pleurisies purulentes ou de pleurésies circonserites et enkystées, où l'existence d’un souffle presque caverneux peut faire croire à une caverne.

Mais si vous interrogez le malade sur le début de son affection, et s’il vous dit que pendant quatre ou cinq jours, il a eu un point de côté avec dyspnée, vous avez beaucoup de motifs pour croire à une pleurtsie.

Mais là où le point de côté à une importance réellement capitale, et devient utile pour le diagnostic, c’est

ir de

dans la pleurésie diaphragmatique où vous ne trouverez souvent aucun symptôme bien saillant, si ce n’est une véritable douleur, laquelle occupera les points que j'ai déjà indiqués plus haut.

Si cette douleur est accompagnée d’une dyspnée intense, si la face est grippée, et si, de plus, vous percevez quelques bruits de frottement, vous n'avez plus à douter de l’existence de la pleurésie.

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