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DU TRAITEMENT

Au premier rang des agents antiphlogistiques, destinés à combattre l’élément inflammatoire et la douleur pleurétique, se placent les émissions sanguines générales et locales.

Elles sont surtout indiquées quand la fièvre est très vive, l'oppression intense, et la douleur de côté trèsaiguë.

On n’emploie guère aujourd’hui les saignées générales ; dans la première moitié de ce siècle, les médecins en jugeaient autrement, et pour nous en convaincre, nous n'avons qu'à lire les ouvrages de Bouillaud, d’Andral, Cruveilhier, Chomel, Louis.

Entre les mains de ces grands maîtres, les émissions sanguines apaisaient la douleur, et la faisaient disparaître cinq à six jours après le début de la maladie.

Depuis 1l s’est fait une réaction un peu trop exagérée contre le traitement par les saignées, et ce n’est pas sans raison que le professeur Peter s'élève contre l’abandon de la saignée, car, d'après lui, on abandonne trop volontiers le pleurétique à lui-même, ce qui favorise la formation de l’épanchement.

Oui, sans doute, l'emploi des saignées n’est pas toujours indiqué.

Ordinairement, il se présente deux cas: si le pleurétique se présente vigoureux et pléthorique, si la maladie débute avec impétuosité, si le pointde côté est violent, vous pouvez saigner sans crainte.

Mais si la pleurésie a des allures moins bruyantes, si elle s’est développée chez un individu de constitution chétive, chez un diathésique, gardez-vous de saigner; appliquez-lui des ventouses scarifiées, lesquelles agissent comme antiphlogistiques, etcomme révulsifs etréussissent à faire disparaître le point de côté, quelque violent qu'il soit.

Si la douleur a des allures encore moins farouches, bornez-vous aux révulsifs simples, tels que les ventouses sèches.

Nous avons souvent remarqué le bien-être que procurait une application de ventouses sèches bien faite.

On peut appliquer également des sangsues: cette médication, quoique excellente, n’agit pas tout aussi rapidement que les ventouses scarifiées.

On emploiera également comme révulsifs les vésicatoires et les badigeonnages de teinture diode.

Sans avoir à traiter de la médication générale de la pleurésie, nous devons cependant signaler le traitement intérieur qui, par son emploi régulier, peut apaiser la douleur.

Du reste, la plupart des auteurs recommandent, lorsque la fièvre est peu marquée, et que la douleur est peu accuste, de s’en tenir aux simples révulsifs que nous avons déjà cités, aux dérivatifs intestinaux, drastiques

Re principalement, aux diurétiques, digitale, diète lactée, nitrate et acétate de potasse, et aux sudorifiques comme le jaborandi.

Néanmoins si la douleur persiste, que nous ayons affaire, par exemple, à la douleur d'une pleurésie diaphragmatique, qu’une médication active ne pourra débarrasser subitement, 1l faudra s’adresser au traitement palliatif, tel que piqûres de morphine, frictions belladonées, oprum en pilules, etc.

On cite encore l’apaisement de la douleur par la thoracentèse.

Nous ne parlerons pas ici des moyens de traitement qu'employaient les anciens : nous en avons longuement parlé au chapitre de l’historique.

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