‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 105 sur 188 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Continuation du même sujet.

Le même besoin d'abstraction qui oblige Plotin à faire de son Dieu ou de son premier principe une notion abstraite , à laquelle il nepeutdonnerune existence apparente, qu'en dénaturant successivement chacune des expressions qu'il emploie, le poursuit dans sa définition ultérieure de ce premier être.

Aucune qualité, dit-il, ne peut lui être attcibuée , sans quoi il ne serait plus qu'une combinaison de qualités. Il n'a ni substance,

ni vie , ni mouvement , ni activité, ni sentiment, ni connaissance, ni pensée (1). Il est au-dessus de toutes ces choses parce qu'elles impliquent toutes la duplicité. H y a dans l'activité l'objet actif et l'objet passif, dans le sentiment, l'objet qui sent et l'objet senti; dans la connaissance, l'objet qui connaît et l'objet connu ; dans la pensée , l'objet qui pense et l'objet sur qui s'exerce la pensée. Le premier principe donne aux êtres émanésMe lui toutes ces qualités sans les avoir.

Il est éternel , car, s'il avait commencé , la cause qui l'aurait produit aurait existé avant lui. Cette cause aurait été le premier principe. Il est immuable, car il ne pourrait changer que de l'existence au néant. Il est parfait, car la perfection d'un être est de réunir tout ce qui le constitue ce qu'il est ; il n'a point de fa-

(1) Ailleurs la nécessité de mettre son dieu dans des relations animées avec les hommes lui dicte l'assertion contraire. De la perfection générale du premier principe résulte , dit- il , qu'il doit posséder toutes les perfections particulières. Sa vie en est une, donc il doit en être doué. ( Ennead. TIT. 7.2.) Mais si nous voulions relever toutes les contradictions de Plotin , nous remplirions plusieurs volumes.

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