‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 125 sur 188 · LIV. XVI. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV. XVI. CHAP. I

qu'une religion nouvelle s'établisse, et pour que les hésitations des pliilosophos, les secrets compliqués et confus des prêtres, les vœux et les regrets fugitifs qui traversent des âmes souffrantes, mais affaiblies et découragées, se réunissent en un corps, et composent une croyance publique, nationale et consacrée. Le théisme est partout en principe. Il n'est nulle part en application; l'autorité ne peut le vouloir : elle ne le connaît encore que comme une doctrine ennemie des institutions positives , et ne l'aperçoit guère sous une forme distincte que chez des philosophes qui lui paraissent dangereux. L'autorité n'est d'ailleurs , nous l'avons vu , vers cette époque des sociétés humaines, qu'un despotisme sans frein. Or ce despotisme s'effrayerait de l'exaltation, de l'enthousiasme, des impulsions vives et fortes , symptômes inséparables de la naissance des religions. Il doit préférer le Polythéisme qu'il foule aux pieds, qui jamais ne lui résiste, qui lui prodigue d'humbles hommages et lui sert à dicter à des esclaves des sermens appuyés par des bourreaux.

Les prêtres , dans leurs révélations à des

initiés , tantôt défigurent le théisme tantôt le repoussent. Ils lui imposent toujours une alliance forcée avec les anciennes traditions, et quand il semble vouloir s'y soustraire, c'est à ces traditions mystérieusement interprétées que le sacerdoce donne la préférence. Peut-êtrc'dans le sanctuaire et loin du peuple s'expliquent-ils avec plus de liberté; mais le théisme redevient alors une hypothèse , une conjecture entre mille autres.

Beaucoup de philosophes l'adoptent, mais il est discuté sans cesse , soumis chaque jour à un examen nouveau , cité devant le tribunal de chacun de ceux qui commencent à fréquenter les écoles, compris par chacun d'une manière différente ; une portion nombreuse de ses partisans rejette 1 influence des cérémonies , l'efficacité de la prière , l'espoir du secours, et fait du théisme une opinion abstraite qui ne peut servir de borne à un culte.

La secte que nous avons désignée sous le nom de nouveaux platoniciens y porte, à la vérité, une sorte d'enthousiasme, et y introduit un genre de merveilleux que l'on dirait propre à le faire triompher; mais cette secte ne s'écarte point, dans ses méditations, de la

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