‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 126 sur 188 · LIV. XVI. CllAP. I · texte numérisé non relu

LIV. XVI. CllAP. I

méthode philosophique. Au lieu de présenter quelques assertions simples et fixes, telle qu'il les faut pour rallier une masse d'hommes? elle s'engage dans un labyrinthe de subtilités et d'abstractions; à côté de son théisme est toujours le panthéisme, écueil éternel de l'in,teUigence , lorsqu'elle veut se plonger sans guide dans la contemplation de l'univers et de la nature.

Cette secte, d'ailleurs, grâce aux allégories dont elle enveloppe ce qu'elle nomme la vérité, se prête volontiers aux dénominations et aux formes que le Polythéisme consacre, et, en interprétant ces dénominations et ces formes, elle se fait un amusement et un mérite de les conserver. Elle se prête d'autant plus facilement à cette transaction, que ce n'est pas aux formes extérieures qu'elle met de Timportance. Ce qu'elle recommande, c est l'étude, la retraite,. la méditation, l'isolement; or c'est là ce qui ne peut jamais devenir populaire. Quant aux pratiques , toutes lui paraissent également bonnes. Elle proclame à ce sujet d'excellens principes de tolérance, mais le résultat de ces principes est que chacun nroûte de la liberté qu'elle lui ac^

corde de ne pas croire ce qu'elle enseigne.

Dans les rangs supérieurs des sociétés, chez les hommes qui participent à la direction des empires , il y a bien , comme nous l'avons montré , des élans secrets vers la théorie du théisme , et ce théisme, s'il pouvait être réduit en doctrine, serait de toutes la plus applicable , parce qu'il est éloigné tout à la fois des subtilités philosophiques et des mystères sacerdotaux. Mais les intérêts de la terre sont trop pressans et trop continus , et chez un peuple fort civihsé, les hommes éclairés sont très ardens pour leurs intérêts et très modérés dans leurs opinions. Or les partis modérés conservent ce qui existe , mais ne peuvent rien établir; leur modération, laisse trop de place à tous les calculs, à toutes les prétentions individuelles. Ils sont retenus par une crainte du ridicule qui leur interdit toutes les démonstrations indispensables pour produire un effet universel, et si ces démonstrations étaient essayées, il se trouverait bientôt des traîtres, ne fût-ce que par vanité.

Le peuple ne peut admettre comme religion une opinion qui n'a nul ensemble , nulle consistance ; il répète quelques formules qui

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