‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 134 sur 188 · LIV. XVI. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. XVI. CHAP. VI

Ainsi la renaissance de la religion est aussi celle de l'esprit de liberté, et l'homme retrouve à la fois la force d'aspirer aux jouissances du ciel et à celles de la terre.

L'égalité est une idée inhérente à la religion ; et, à une époque où l'homme ne connaît de guide et de règle que le sentiment religieux , l'égalité qui , dans d'autres temps, lui paraît un droit , lui semble alors un devoir.

Rien de plus démocratique que le gouvernement des Arabes sous les premiers califes^ La même tendance se fait remarquer dans le christianisme, à son origine : et les réformateurs de cette croyance, bien qu'il ne fût question que d'une épuration dans un culte dès long-temps fondé, furent poussés à vouloir l'établissement d'une république.

Il n'est pas criminel, dit Origène , de se réunir en faveur de la vérité , quand même les lois extérieures le défendent. Ceux-là ne pèchent pas qui se coahsent en secret pour la perted'un tyran (1). On doit, objecte Celse,

(1) Orig. Contr. Cels. î.

observer les lois et la religion de son pays : oui, répond Origène, quand ces lois sont justes et cette religion vraie (i).

On a voulu nier l'esprit de liberté des premiers cbrétiens. On s'est servi de quelques expressions isolées, qu'avait arrachées la nécessité des circonstances, pour contester ce qui éclate, presque à chaque parole, dans nos livres saints. Mais le simple raisonnement suffit pour renverser le système de servitude qu'on a prétendu appuyer d'une autorité céleste. Comment, avec leur morale pure , leur conviction profonde , leur force intérieure , leur enthousiasme exalté, leur mépris de la mort, les chrétiens auraient -ils pu ne pas nourrir une indignation violente et ouverte contre la tyrannie qui pesait sur l'univers ?

Les faits viennent à l'appui de ce que le raisonnement nous prouve d'avance. Les historiens attestent l'esprit d'indépendance des premiers chrétiens, la franchise sévère et hardie de leurs discours. Ce sont des hommes, dit Vopiscus , à qui les temps présens déplai-

(0 orig. y.

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