‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 150 sur 188 · LIV. XVII. CHAP. Vil · texte numérisé non relu

LIV. XVII. CHAP. Vil

se place au-dessus de sa propre professiou de foi.

Le pliilosophe Thémiste , païen , recommandait la tolérance aux empereurs chrétiens qui persécutaient les hérétiques. Dieu, disaitil, a donné le penchant de la religion à toute l'espèce humaine, mais il a laissé à chacun sa volonté. Ce genre de culte , la différence des modes d'adoration , entre dans la volonté de la Providence. Elle contribue à entretenir la vie et l'activité du sentiment religieux parmi les hommes. Toutes les religions n'ont qu'un but , mais la route qu'elles suivent est différente et doit l'être.

Rien n'est plus juste et plus respectable que ces principes de tolérance ; mais professés par des hommes qui recommandaient le maintien de la religion ancienne et la pratique des cérémonies consacrées par l'usage , ces principes tournaient contre cette cause.

En lisant le livre d'Origène contre Celse, il est impossible de n'être pas frappé de la teinte philosophique empreinte dans toutes les objections de Celse, auxquelles Origène répond. Celse dit que l'homme ne doit rien admettre que ce que la raison a examiné et approuvé.

'2<J2 DU POLYTHEISME.

La multitude , dit Origène , n'ayant pas le temps d'examiner, doit croire implicitement. La plupart des objections de Celse sont des objections d'incrédule et non de païen , par exemple , celles sur l'origine du mal , sur l'incompréhensibilité de la nature divine. Il est vrai que Celse , épicurien , doit être regardé plutôt comme un ennemi du christianisme que comme un apologiste du Polythéisme ; mais il résultait des ouvrages des philosophes incrédules contre les chrétiens, que ces ouvrages n'affaiblissaient pas dans ceux-ci la foi que rien ne pouvait affaiblir; ils achevaient de décréditer le Polythéisme dans l'esprit des

païens.

On peut faire les mêmes observations sur le langage du défenseur du Polythéisme, dans le dialogue de Minucius Félix. Il commence par dire que tout est incertain , qu'il serait possible de supposer que le monde existe par lui-même sans l'intervention d'une Divinité. Il rappelle tous les argumens en faveur du hasard , pour conclure qu'il faut s'en tenir à la religion des ancêtres. Mais s'il se déclare pour les dieux contre les athées , on voit assez que c'est plutôt par politique que par conviction.

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