‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 170 sur 188 · LIV. XVIII. CHAP. ill. Jl · texte numérisé non relu

LIV. XVIII. CHAP. ill. Jl

produire cet effet salutaire que lorsqu'il est pratiqué par conviction. Assigner une autre cause de préférence pour un culte , c'est réintroduire dans le théisme des idées qui n'étaient admissibles que dans le Polythéisme. Les dieux du Polythéisme trouvaient un plaisir physique dans les sacrifices , et leur vanité , formée à l'instar de celle des hommes , jouissait des hommages qui leur étaient rendus. Aucune de ces hypothèses n'est applicable au théisme.

Le théisme a enfin sur le Polythéisme cette incontestable supériorité, qu'il jette dans l'esprit de l'homme je ne sais quelle idée , ou plutôt quelle sensation de l'infini. Cette idée, cette sensation est plus favorable à la morale que toute doctrine fixe , dogmatique et positive. L'absence de bornes appliquée à nos sentimens et à nos pensées, est ce qui tend le plus à épurer les uns et à élever les autres. Toutes les passions généreuses reposent sur cette notion, tnême quand elle est inaperçue. L'amour n'est anobli , l'amour n'est épuré que parce qu'aussi long-temps qu'il dure, il croit ne devoir pas finir.

Les avantages du théisuje appartiennent à

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sa nature, lesînconvénîens aux circonstances ; les avantages que le Polythéisme pouvait avoir appartiennent au contraire aux circonstances , les inconvéniens à sa nature. Les avantages du Polythéisme diminuent à mesure que l'esprit humain s'éclaire ; les progrès de l'esprit humain doivent aboutir à la destruction du Polythéisme; et, s'il pouvait se maintenir malgré ces progrès , il deviendrait funeste. Mais plus Tesprit humain se perfectionne , plus les résultats du théisme doivent être heureux.

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