‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 68 sur 188 · LIV. XIU. CHAP. 11. l · texte numérisé non relu

LIV. XIU. CHAP. 11. l

aucune cérémonie, aucun spectacle, dit -il, n'a pour l'homme un charme égal à celui qu'il trouve dans l'adoration des dieux , dans la participation aux danses solennelles , aux sacrifices et aux mystères. Son âme alors n'est plus abattue , triste et découragée , comme si elle avait à redouter des puissances malignes et tyranniques. Elle est au contraire délivrée de toute crainte , de toute douleur, de toute inquiétude, et s'enivre de joies ineffables. Ces joies sont étrang èresà celui qui ne croit pas à la Providence. Car ni la magnificence des ornemens , ni la profusion des parfums , ni l'abondance des vins et des mets ne plaisent à l'âme dans les rites sacrés. Ce qui lui plaît, ce qui l'enchante , c'est la persuasion que les dieux assistent au sacrifice et acceptent avec bonté ce que la piété leur consacre. Pour qui n'a point cette persuasion , le temple est un désert ; la cérémonie , une pompe vaine et lugubre; les prières, des paroles que la raison désavoue ; le sacrificateur, un vil mercenaire qui égorge un animal sans déiense.

Minucius Félix, dans son Apologie du Christianisme , prête au païen Cécilius , son ad-

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versaire , des discours qui n'indiquent pas avec moins de force l'esprit d'un siècle avide de repasser du doute à une croyance fixe. Cécilius peut être un interlocuteur supposé, et le dialogue, un cadre adopté par l'écrivain; mais il est impossible de méconnaître dans les paroles la disposition caractéristique de l'époque. Quels ne sont pas , s'écrie Cécilius, les bienfaits de la religion I Pleins de la divinité, avec laquelle ils vivent dans l'union la plus intime , les ministres des dieux nous dévoilent l'avenir, nous donnent des préservatifs contre les dangers , des remèdes contre les maladies, des espérances dans nos douleurs , des secours dans nos misères , des consolations dans tous les accidens de la vie. Même durant notre sommeil, nous voyons, nous entendons, nous reconnaissons ces dieux que nous nions pendant le jour , ou que nous offensons par nos parjures. Aussi la conviction universelle de tous les peuples , relativement aux dieux immortels, est-elle inébranlable et profonde, bien que les idées et les raisonnemens qui se rapportent à la religion soient frappés d'incertitude. Loin de nous donc ces hommes qui , remplis d'une témérité sacrilège,

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