LIV. XIII. CUAP. II. i
cherchent à détruire ou à ébranler une opinion si salutaire (i) !
L'on reconnaît dans ces transports des cœurs qui aspirent à se rouvrir à l'espoir , à la confiance, à la douceur de se sentir protégés s fatigues qu'ils sont du découragement et de l'abandon où les retiennent , depuis trop long-temps, les doctrines irréligieuses. Naguère on apercevait dans les écrivains une sorte d'irritation contre les entraves dont la religion garrotait leur pensée. Maintenant cette irritation se tourne contre la philosophie qui veut étouffer leurs espérances. Lucrèce décrivait avec enthousiasme le calme et le repos du sage, foulant aux pieds les terreurs d'un autre monde. Plutarque et Cécilius décrivent avec non moins d'enthousiasme le bonheur de l'âme religieuse , retrouvant cet autre monde qu'on avait voulu fermer devant elle.
Ce n'est plus l'utilité de la reHgion que l'on analyse , c'est son charme qu'on vante. On n'en parle plus comme d'un instrument qui sert à gouverner les autres, mais
(t) Neander, 36-59-62.
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comme d'un plaisir qu'on réclame pour soi-
même.