LIV. VU. CHAP. II
et présidant à leur destinée , portaient leurs vœux et leurs besoins aux pieds du Maître unique du monde , et leur rapportaient , dans une langue mystique , les volontés ou les conseils de cetEtreinfini, que les regards des mortels ne pouvaient atteindre, et qui ne communiquait avec eux que d'une manière médiate, insensible et détournée ; mais les avantages que les pratiques du culte établi auraient pu retirer de cette croyance, disparaissaient.de nouveau par les principes de Platon sur la prière. U admettait à la vérité que les dieux daignaient écouter souvent et quelquefois exaucer ks supplications des hommes; mais il interdisait toute demande déterminée.
L'exemple d'OEdipe lui servait à penser que le courroux des dieux n'était jamais plus terrible que lorsqu'ils satisfaisaient des vœux imprudens ou des désirs aveugles (1 j. Il voulait que les supplians n'offrissent aux autels que des cœurs purs et des mains innocentes ; il repoussait avec indignation l'idée d'un marché, d'un trafic, et ces conditions récipro-
(1) Second Alcibiade.
i!iO POLYTflEBllIE.
qtfés ( 1 ) sur lesquelles repôïei^t tèujôurs , tacitement au moins , les religions populaire^. En comparant maintenant de t^ûe nous connaissons du système de Socrate a?ec celui de Platon , il est facile de a^à^erceVoir que dans les écrits de ce dernier, la philosophie, malgré quelques formules confenues, que}-»
ques dédigMtions eiâprUntéés des opinions dominantes , «'était au fond séparée pour )4«- Mais du Polythéisme. Les hypothèses de Pla^»
ton , bien qû^eiles donnassent encore le nom de Dieu à des inteUi|^ènees «ùbordbnnées , partaient toutes d'an Dieu suprême et jmUque : elles étaient donc un Véritable théisme. Il ne manquait plus, pour leur en imprimer la fortne extérieure que de désigner ces.iti'^ telligences par une appellation plus conve* nable à leur situation secondaire ; et c'est peut-être ce que Platon lui-»même voulait iosinuèr , en se servant fréquemment des mots de démons et de génies. Ceci n'est pourtant qu'une conjecture ; car il établit d'ailleurs des différences asisez marquées entre ces gémei et les dieux du second ordre.
(i) Eutypliron.