‹ Du polythéisme romainChapitre 26 sur 134 · IIV. I. CH.iP. lU · texte numérisé non relu

IIV. I. CH.iP. lU

"OU faire rétrograder Topinion y défeadaient encore ta croyance qui avait été nationale. Mms cette croyance , méprisée des grands , attaquée par les philosophes, négligée du peuple, au milieu des dissensions civiles, avait perdu toute efficacité religieuse. Les empereurs essayèrent bien d't^n faire un instrument de leur puissance , en se décorant de toutes les dignités pontificales ; mais comme il arrive toujours , en s'emparant de la religion , ils lavilirent. Les auteurs qui méritent le plus de confiance sur la religion romaine sont tous, il est vrai, de cette troisième époque; mais ils écrivaient de réminiscence , et en en^primaisit toujours leurs forets sur le discrédit de la religion. Dans là quatrième époque , le polythéisme romain s'était éloigné de son caractère primitif et même de ses formés extérieures. Les superstitions ^yptiiennes et asiatiques s'y étaient mêlées , et avaient prévalu facilement, favorisées qu'elles étaient par le nouveai^ platonisme , avidement reçues par les prêtres payens qui se flattaient de combattre le christianisme avec ses propres armes , encouragées , enfin , par des despotes assiégés de remords , et adoptées avec empressement par des esclaves poursuivis de craintes.

La seconde époque est donc la seule pendant laquelle la religion romaine ait été véritablement une religion.

L'on voit , par cet exposé , jusqu'à q\iel point un auteur (i) , aux talens duquel nous avons plus d*une fois rendu justice dans cet ouvrage, a méconnu , malgré son beau talent , le polythéisme romain. Cet auteur attribue la corruption-romaine sous les empereurs à une religion qui , de fait , avait cessé d exister sous leur empire. Mais pourquoi rejeter sur une cause étrangère la dégradation et l'infamie que le pouvoir arbitraire traîne toujours après lui? Cet auteur n'a pai réfléchi que si les vices des Divinités, objet des adorations humaines, en-" courageaient , dans leurs adorateurs , des vices pareils , les Grecs , dont les Dieux étaient beaucoup plus dépravés que ceux de Rome, auraient dû être aussi beaucoup plus dépravée q:ue les romains. 11 reconnaît cependant le contraire^ et l'histoire le prouve (2). C'est que les Grecs, même après la perte de la liberté,

(i) M. de Chateaubriand.

(a) Athènes corrompue ne fut jamais exécrable. Chat GiH*'iti Christ. ii« 1. 5j&, éd. en a vol.

uv. I. ciup. ni.

furent toujours loia du centre de resclavage , et que s'ils subirent le joug de la tyrannie, ils ne furent pas du moins pervertis par la présence des tyrans.

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