OLVTHÉl9Mff
les assertions des poètes Romains , notamment de Juvénal, bien qne de son temps le polythéisme penchât dé)à vers sa décadence.
Il est certain , toutefo|s , que la inorale du polythéisme doit être toujours moins subtile et moins scrupuleuse que celle du thâsme.
Chaque pensée de l'homiiie, dans cette dernière croyance , est un rapport de lui à soil Dieu. Les divinités de TOlympe , ayant à soigner leurs propres destinées , s'occupent beaucoup moins de ce qui concerne des êtres d'une autre espèce.
Ifs veulent que la société qui leur est sou*mise soit bien ordonnée. Ils exigent l'accom^ plissement des devoirs sur lesquels elle repose. Us châtient les crimes qui la troubleraient:
'triais (fîstraits qu'ils sont par leurs intérêts par=tibiïliërs , ils ne sauraient exercer une surveitlanice détaillée , et mille nuances délicates leur échappent. Les intentions, les faiblesses du cœur, on ses sacrifices, les vœux secrets, les impressions passagères , ' le fonds des penséesv "ftls intéressent faiblement.
UT. II. CHAP. m, fy-
HAPITRE III.
he la manière dont il faut juger les rapports des deux espèces de polythéisme avec la morale.
Si Ton supposait que les rapports des vétSh gions avec la morale dépendent de leur partie febuleusc ou historique , de leurs préceptes directs, ou du caractère qu'elles prêtent à leur» Dieux , on serait tenté do croire que ces rap^ ports doivent être les mêmes dans le polythéisme sacer^lotal et dans celui dans lequel les prêtres n'exercent qu'une influence très- Umitée.
Dans toutes les religions , les préceptes mo- * raux sont à peu-près les ftiêmes. On a vu que le caractère des Dieux n'était guère différent, dans les deux espèces de polythéisme : et quant aux fables, il en est une foule qui se retrouvent , avec quelques modifications , dans la mythologie grecque , et sur les bords du Nil ou du Gange.
Mais les préceptes sont des choses isolées, •d*un effet partiel et interrompu. L'esprit général de& cultes combat souvent- leurs préceptes» Ijps passions qu'ils mettent en mouvement les
enfreigneut. L espoir d'être agréable à^ la raar Divine . en serVant ses intérêts , aveugle sesadorateurs suf le danger d*offensersa justice. L on a vu plus d'un assassinat commis par des hommes de bonne foi, pour plaire à un Dieu qut défend le meurtre. Les iaUes qu'uiïe teligîon consact^ sont l'objet d'uae crédulité; en quelque sorte mécanique ; elles .sqmbleat quelquefois se loger dans une c«i§e à part. des tétfis humaines , pour n'en plus sortir. Eon^e ntlKlbuait son ori^îni:e aux amours de Maff et d'iine Vestale* Cependant , toute Yestale séduite M^ bisftait un supplice rigoureux»
Il suffit , d'ailieurs , que les motifs (i'actitfti ' se. modifient dans les Dieux, sans que leurs '^ actions soient modifiées , pour q^e ^idçntUé de
la fable ne garantisse pas l'identité dqs e^tH. Nous avons cité, précédemment, pour exejqfcpie d'une modification de ce gtfure ,. le^ iputtfs assignés par Homère à la colère d'ApoUou eo»tre les Grecs. • -
Le caractère moral des Dieux n'a pas lîne infiaence plus facile à prévoir, A t0ttte^ les. époques du polythéi^mçj ces Dîpux se dounfiat personooUemeUt beaucoup, de iicexices ; mw ces Itceuces ne prouvent point leur indifférence
■1 .-■ tt. •
LIV, II« GHAP. m. 59^
pour la morale. Lorsinêine qu'Ile cootinueot, avec plu9 ou moins de ménagement , suivant quelles opinions sont plus ou moins épurées 9 à «fe livrer à leurs passions et à leurs caprices, ila revêtent , à Tégard des hommes , Taustérité convenable à des défenseurs de la justice , et punissent dans la race humaine les mêmes ac-* #^^^). tions qu'ils se sont permises. L'homme qui , à^. leur exemple , s'arrogerait des privilèges cod^ tràires à l'ordre établi , n'en serait pas moins coupable 9 et châtié par eux. Faute d'avoir senti cette vérité , l'on s'est trompé sans cesse sur les effets que devait avoir la mythologie licen^ tieuse du polythéisme. A voir ce que Ton a écrit sur cette mythologie, on dirait que les Dieux approuvent dans les mortels toutes les actions qu'eux-mêmes commettent. Au contraire, la relation établie, et qu'on peut nommer légale, entre les Dieux et les hommes , est la punition du crime et la récompense de la vertu. Le caractère et lies ég^çmen» partiCUf- Uerg den Di^ux restent étrangers d cette relation, ecHVUlie les désordres des rois ne changent rien aux lois contre les désordres des individus.
Dans l'armée du fils de Philippe , Je. soldat uiacédoni^ii , convaincu de meurtre , eut été con-
--Ïi3
60 polythéibme;
damné par Alexandre , biôn que son )uge fut lui même le meurtrier de Clitus. Pareils ùm grands de ce monde, les Dieux ont un carao^ tère public , et un caractère privé. Dans leur caractère public , ils sont les appuis de la mo^ raie ; dans leur caractère privé , ils n'écoutent que leurs passions : mais ils n'ont de rapports avec les hommes que dans leur caractère po*- Wic.
Ce* ne sont donc point ces {>or lions isolées des
religions qui décident de leurs rapports ayec la
morale. Ces rapports tiennent à une antre
cause. Pour la développer, il faut entrer daps-
. q uelques dé taib .