IIV. II. CHAP. T
a sur la Divinité des idées très-pures ne sait j^iDBis si ses effprts suffisent pour le rendre digne de lui plaire , il travaille sans relâche sur son propre coaur , pour en arracher tout ce qui te sépare de l'être parfait qu'il adore. Son in* quiétude est d'aitleurs adoucie par la notion .^ Ja bonté , unie à celles de la sagesse et de la puissance. Mais dans un culte dont les Dieux font imparfaits et méchan^ une telle inquiétude , loin d'être un encouragement pour la vertu , est une cause toujours renaissante d'abattement et de désespoir*
L'homme adopte pour s'en délivrer mille expédiens bizarres. Tantôt , fatigué de se consumer en actions toujours douteuses , et sur la valeur desquelles plane une obscurité déso^ ]aate, il se condamne à une inertie complète! U; met l'activité , le travail* la bienfaisance , au nmg des passions condamnables , d'après ïaijÀme d'ua des fondateurs d'une religion sacerdotale. Il s'abstient *dans le doute, c'està-^re il reste ioimobile y de peur de se rendre couplée par un mouvement ;^ et pour échapper au i^rirae, il s'interdit jusqu'à la vertu. D'autres fois , il se précipite aux pieds du sa« cerdoce^ qui s'arroge à lui seul l'important
piivQège de Texpiation. Ce moyen de réconcilier rhomme avec sa conscience a des ayanta* ges , quand son efficacité repose sur là disposition intérieure, sur la conduite future de celui que la religion retire ainsi de Fablme oA ses vices l'avaient plongé. Mais dans les relir gions sacerdptales , Fexpiation change de* ca^ ractère ; Tabsolution des crimes les plus noirs est attachée à def| pratiques minutieuses et même fortuites ( 1 ) 9 à des rites qui ne supposent ni amélioration , ni réparation , ni repentir , à la vue d'un temple , à Tombrage d'un aii>re , à l'attouchement d'une pierre , à l'ablution dans les eaux de certains fleuves , à ja répétition mécanique de certaines paroles , à la lecture de certains textes sacrés , ou ce qui est plus avilissant encore pour la religion et plus corrupteur pour lesVmmes , l'expiation s'obtient à prix d'argent , et l'indlulgence ou plutôt la connivence divine devient l'objet d'un trafic honteux. '
Ainsi , dans ces religions , la morale est corrompue , et par la dépendance où elle se trouve — : , É .
(i) Le nom de Wîchnou prononcé sans ïntentîoti â le pouvoir d^eflacer tous les crimes.
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de Ja Yolonté des Dieux , et par TarbiUraire qui «^introduit dans le nombre et dans la classification des délits, et par les moyens même qu'elle offre aux coupables pour appaiser le cm et pour reconquérir riimocence.