‹ Du polythéisme romainChapitre 56 sur 134 · IV · texte numérisé non relu

IV

qaer que , dans un passage du Bahguat Gita^ Ie$^ principes philosophiques et religieux sur l'im^ mortalité de Famé , sont employés à palUer on à justifier Tho^îpide.

Nous avons diï qu'en général , dans le polythéisme , le caractère personnel des Dieux n'avait que peu d'influence. Mais cette assertion 'n'est complètement vraie que lorsque la morale est indépendante de la religion. Les rela-» tions des sociétés humaines étant les mêmes partout , la loi morale , qui est la théorie de ces relations , est aussi partout la même. Quand les Dieux ne sont x^hargés que d'appliquer cette loi, leur caractère individuel importe peu, parce que , dans l'exercice de cette fonction ^^ ils 'font abstraction de ce caractère; mais lor^ que la volonté des Dieux décide de la loi mo-^ raie, comme leur caractère influe sur leur Volonté, toute imperfection dans ce caractère produit un vice dans la loi. L'homme s'estime alor& en faisant le mal. Quand il obéit à la re* ligion aux dépens de la morale , il s'applaudit de cet effort ; et en violant les plus saintes de» lois naturelles , non-seulement il se flatte de se rendre agréable aux Dieux qu'il adore , mais ce qui est un inconvénient plus grave , il se croit moralement vertueux.

tlV. II. CHAi^. V. 55

Subordonner , dans ce sens y la morale à la religion , c'est produire en morale la même iié- ▼olution que produit en politique Faxiôme :

Si veut le roi , si veut la loi.

Les conséquences pratiques de ce renversement d'idées ne sont pas toujours égales à ses dangers en théorie. Le sacerdoce ^ comme toute autorité constituée chez les hommes , est forcé dans les circonstances ordinaires , à maintenir les grandes lois de la morale , pour que la société qu'il domine ne périsse pas ; mais la porte est ouverte à toutes les exceptions , et la morale naturelle est sans cesse menacée par une morale factice.

Cette morale , inexorable à-la-fois et capricieuse , poursuit rhomme dans les^ plus petits détails, ne lui laisse d'asile ni dans le sanctuaire de son âme, ni dans le secret de ses pensées, fait de l'ignorance un délit , et châtie les actions involontaires.

Dès l'instant qui les a vu naître, les enfans peuvent être criminels. Les Bramines présentent à la lune les leurs âgés de huit jours , pour leur obtenir l'absolution de leurs fautes. L'intention n'est plus qu'une garantie précaire. Le remord annonce le crime, mais la paix de

l'âme n'atteste, point llonocence. L'homme nViyant plus le droit de consulter sa con« science 9 n'est jamais certain de n'avoir pas offensé la Divinité. Le JudiEiîsme et le Christia-» nismë , souvent défigurés par l'esprit sacerdotal, nous en fournissent de nombreux exem* pies. Seigneur, dit le psaliniste Hébreu^, pardonne-moi ceux de mes péchés qui me sont^ inconnus ( 1 }. Je ne me reproche rien , écrit un apôtre , mais ce n'est pas une preuve de mon innocence (a).

Cette incertitude peut être un bien dans une religion très-perfectionnée. L'homme qui

(i) Psaaro. XIX. V. i3.

(2) L Corînrth. IV. 4- Nous ayons parlé da compagnoa de SaÎDl-BiuDO qui s'étant félicité ea mourant de iiV voir jamais péché , fut condamné aux feux éternels en punîtîon de sa confiance en lui-même. Mais vojez conibiea les théologiens sont difficiles. Prudence , poète chrétien , ne se peimet pas d'espérer que son ame sera sauvée* Il n'aspire qu'à n'étré pas plongé dans le plus profond des abîmes , et les mêmes auteurs qui trouvent équitable que le compagnon de Saint-Bruno soit damné pour s'être cru certain du Paradis , déclarent impie Thumble demande de Prudence, que ne désire la'un adoucissement aux. souffrances de l'enfer ( Bayîe ^art. Prudence* )

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