‹ Du polythéisme romainChapitre 60 sur 134 · LIV. II. CHAP. VU. S · texte numérisé non relu

LIV. II. CHAP. VU. S

cette morale qu'elle est nécessaire , et (pi'elle devient la plus belle faculté, le plus grapd bonheur que la divinité nous ait accordé. C'est néanmoins presque toujours dans le premier point de vue que Ton a considéré la religion : et en la restreignant i ce genre d'utilité matériel et borné , on Ta fait descendre de son rang véritable, on a méconnu sa dignité, sa sainteté et sa plus noble influence.

Le mal ne s'est pas arrêté là ; on a fait de la religion un code pénal, et dès qu'elle est un code pénal., elle est inévitablement un code arbitraire , par une suite de l'antropomorphisme qui nous poursuit, dans toutes nos formes d'idées religieuses , et qui les corrompt. Ils ont représenté Dieu comme un législateur à la manière des hommes : décidant du mérite de chaque action; prescrivant les unes, défendant lès autres , et n'ayant guères , par dessus l'espèce imparfaite et bornée qu'il gouverne , que le privilège d'apercevoir plus vite et de plus lôin^les transgressions dont elle se rend coupable.

Dans ce système , nous n'hésiterons pas à le dire, laVéligion doit faire «ou vent du mal. La volonté Divine ne pouvant être indiquée que Tome I, 6

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par le6 hommes qui se sont constitués ses interprètes , la morale est toujours à la merci de ces hommes qui, par une conséquence naturelle du principe , s'arrogent le droit de faire des exceptions à la règle générale , droit oull serait contradictoire de leur contester, puisqu'on ne peut refuser à un législateur le droit de dérogera ses lois ou de les changer. De là, tqus les incênvéniens que nous avons décrits dans le chapitre précédent , et qui, lorsqu'ils se glissent dans les religions qui consacrent le théisme , y sont plus terribles encore que dans le polythéisme sacerdotal , parce que la puissance du Dieu du théisme est toujours plus illimitée que celle des Dieux que le polythéisme présente à l'adoration des hommes. Lorsque la religion décide de la valeur des actions , elle prescrit toujours celles qui servent les passions et les intérêts de ses ministres , et dans ce nombre se trouvent des crimes. Les dogmes les plus salutaires , les préceptes les plus purs , ne peuvent réparer le mal qu'entrahie toute doctrine qui infirme ainsi la règle éternelle.

Un culte dont les divinités seraient cruelles et corrompues, mais qui laisserait à la vertu le tribunal de son propre cœur , serait moins

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