‹ Du polythéisme romainChapitre 84 sur 134 · LIV. IV. CHAP. VIII. iZ'J · texte numérisé non relu

LIV. IV. CHAP. VIII. iZ'J

pie (t), S'appuyant dé griefs semblables, rambition envahit les provinces , l'aviKce dépouille les vaincus , la vengeance nfassacre les prison-^ Diers. *

Dans l'intérieur des États Tanathéme est au service de chaque faction , contre la faction rivale. L'une des grandes sources de division dans Athènes , remarque Hérodote , la proscription des Âlcméonides , vint de la religion (2) , et la religion contribua encore à la perte de cette ville en préparant de nouvelles persécutions contre Alcibiade , dès sa rentrée. Partout on séduit les Pontifes , on achète les oracles. La Pythie, gagnée par Cléomène, déclare illégitime la naissance de son compétiteur Démarate. (5) Lysandre aspirant au trône de Sparte au préjudice de la famille régnante , envoie presque publiquement marchander la vénalité des prêtres de Delphes , de Dodone et de Jupiter

(i) Thucyd. L 126 — 128.

' (2) Herod. V. 70. — 72.

(3) Hcrod. VI- 66. Voir dans le thème auteur^ encore UA. exemple, de la. corruption de la Pythie dont on achète la réponse à prix d'argent. V. 6.> .

î58 rOLTTHÉiSME.

Aminon. (i) Le respect pour les Dieux serf de prétexte tria violation des engagemeiis ea- Ters les homoies/ L'oa invoque les sermen»

contre 1^ promesses. Les Corinthiens veuieat* ils motiver aux yeux de la Grèce leur traité avec Argos contre Athènes et Lacédém^ne^ traité contraire à la convention qui obligeait les alliés à se soumettre aux décrets de la ma* forité , ils obîectent la clause d'après laquelle sont réservés les empéchcmens qui proviei^ draient de la {»rt des Dieux. Ayant juré aux Arginns de les défendre , 1 empêchement existe^ puisqu'ils ont pris les Dieux à témoin de leur! sermens. Des principes jusqu'alors sans cons^ quences ; pfeunent celles que les passions sont intéressées à leur donner. Des cérémonies wdifférentes reçoivent une exteosion qui les rend funestes.

Quelquefois aussi , la superstition , sao^mé* lange d'artifice , a ses inconvéniens. Tel général manque une victoire, ou encourt une défaîte, pour avoir voulu célébrer une fête, vaquer a une cérémonie , respecter un présage. Les Athéniens allaient la^ver le siège de Syracuse ;

Il I 1 1 I I I 1 1 Il I I——»

(i) Diod. XIV. 4,

tlV, IV. CHAP. VIII. l3^

ime éclipse de lune * Survint. Nlcîas crut de** voir devoir différer ud diépart désapprouvé par les Dîenx. Les Syracusains profitèrent du retard , attaquèrent sa flotte eitti détruisirent , firent Tannée captive et masssacrèrent les prisonniers, (i) Les choses nlnfluent pas ^ur l'opinion , dans un siècle dévot ; mais dans un siècle qui commence à devenir incrédule , elles fortifient Tincrédulité.

Tout concourt donc à affaiblir la puissance d'une Rdigion à celte époque. Comme les hommes ont plus souveat du mal que du bien à foire ^ elle est plus souvent employée affaire du md qu'à Êiire du bien. L'autorité ffui la fait pmrler dans son sens , réfléchit ^'elle poui'rait aussi parler dans un sens c(mtraire 9 et lui impose âileiice. Le peuple qui a commencé à s'en détacher et a la prendre ou haiœ , A cause, du mal qu elle a- fait , la prend «s mépris , & cause du dédain avec lequel il ^oit que rautorité la traite : et cette fielîgion n'est plus qu'une bannière souillée , qu6 les griinds déployenC sans bOi»e foi, que

(i) Thucyd. VIL 5o — Diod. L Xlil. 7.

l4o POITTHÉISME.

la foule suit sans convcition ^ et que les partis déchirent eu se l'arrachant.

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