CHAPITRE VIII
Des inconvéniens des Religions employées comme
moyens politiques.
A mesure que la religion perd de son crédit , l'autorité politique et toutes les factions <;ui y aspirent s'en font un instrument. 11 sem* Ue ângulier que Ton p^^nse d'autant plus à s'en servir , qu'elle a plus perdu de son influence. 0>est néanmoins une conséquence assez naturelle. Tant qu'une religion est une chose divine , qui oserait songer à tirer parti d'une chose divine? Mais quand une religion est jugée, décréditée et déchue , les calculs humains la
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trouvent plus à leur portée , et ib s'en empa-* rent. I^es peuples se cou vrent alors de prétexte^ religieux pôur.s attaquer les uns les autres par: la force ouverte, ou pour se détruire par la perfidie. Dans la treizième année de la guerre > du Péloponnèse , dit Thucydide ( i ) , la guerrç s'éleva entre les Épidauriens et les Argiens,'à l'occasion d'une victime que les premiers avaient négligé d'immoler à Apollon. Les Argiens, continue l'historien grec, avaient l'intendance du temple ; mais quand ils n'auraient pas eu de prétexte^ ils jugeaient qu'il était important de s'emparer d'Épidaure. De tous côtés retentissent les accusations de sacrilège. Les Lacédéf moniens , raconte l'auteur que nous venons de citer, reprochaient aux Athéniens d'avoir outragé Minerve en faisant mourir les complices de Cylon, réfugiés près de ses autels. Les Athé* niens reprochaient aux Spartiates d'avoir offensé la même déesse , en laissant Pausanias expirer (le faim dans son sanctuaire ; et de s'être attiré luidignation de Neptune, en condamnant au dernier supplice des Ilotes chassés de son tem^
(i) Thucyd. V. 53.