‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 103 sur 130 · REWBELL · texte numérisé non relu

REWBELL

Membre et premier président du Directoire, où il s'était attribué les Affaires étrangères, son application laborieuse y prêchait d'exemple, mais non point son avarice notoire, sa mauvaise éducation et la rudesse de ses manières. Il avait le parler brusque ; ses façons tranchantes ou ses apostrophes soudaines déconcertaient ses collègues, sauf le proconsul Barras, qui, non moins impératif et portant haut, le forçait à baisser le ton. Talleyrand, quand il eut pris la succession de Charles Delacroix aux relations extérieures, eut fort à souffrir de cette botte ferrée du Directoire. Rewbell ne manquait aucune occasion de le couvrir d'injures. L'évéque-diplomate n'était pas formé, pour la riposte, au même genre d'arguments; mais, à l'occasion, de son air tranquille, il lui renvoyait de ces traits dont la pénétration est aiguë dans l'èpidernie d'un amour-propre. Une après-midi, Rewbell, visitant ses bureaux, lui demandait comment allaient les choses. « De travers, monsieur, comme vous les voyez. » Or, Rewbell louchait terriblement.

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