‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 121 sur 130 · ARMAND-OLIVIER DE SAINT-GEORGES · texte numérisé non relu

ARMAND-OLIVIER DE SAINT-GEORGES

L'un des gentilshommes enrôlés dans l'armée des princes; pair de France sous Louis XVIII. Ses souvenirs mis en ordre par le comte de Rougéinté-

ressent encore les curieux du passé. II avait assez d'esprit et d'assurance pour ne craindre point de s'attaquer en paroles à Talleyrand lui-même. Un jour il tenait les yeux fixés sur le diplomate, jusqu'à rincommoder par cette insistance : « — Monsieur le marquis, qu'avez-vous à me considérer ainsi? — Pardon, prince, répondit M. de Vérac, je ne vous considère pas, je vous regarde. » Ce qui n'était pas du tout la même chose, à ce qu'il lui faisait sous-entendre.

VIENAY (MADAME:

Mondaine en réputation de demi-mondaine, sous le Directoire, et qu'on savait intéressée à l'une des maisons de jeu pullulant, alors. Barras en fait mention dans ses Mémoires, et sous quelle formel « Rue de la Loi [aux Trois Pigeons) la maison de jeu était tenue par la femme Vienay, qui favorisait les orléanistes. »

VIGÉE-LEBUUN (MADAME)

L'une des rares femmes de talent, qui aient moissonné la gloire dans les champs encombrés de la peinture. On eut de sa main plus de vingt toiles consacrées aux attraits de la reine Marie-Antoinette. Elle peignit aussi Monsieur. Pendant que le futur Louis XVIII posait devant elle, chantonnant des couplets licencieux : « — Comment trouvez-vous que je chante! lui demanda-t-il. — Comme un prince, répondit-t-elle. »

Talleyrand eut le désir qu'elle animât de son pinceau les grâces languissantes de la a belle Indienne ». Elle se représenta elle-même, deux fois, tenant sa jeune fdle entre ses bras, et ce furent les plus délicieuses de ses œuvres. Les faiseurs de madrigaux disaient et redisaient d'elle qu'elle était à la fois, le peintre et le modèle de la beauté. Séduisante, elle le fut à l'extrême et elle en était la première instruite. Avec une naturelle complaisance elle en nota l'impression, en ses Souvenirs. « Plusieurs amateurs de ma figure me faisaient peindre la leur, dans l'espoir de parvenir à me plaire; mais j'étais si occupée de mon art qu'il n'y avait pas moyen de m'en distraire » Pourtant, elle s'accorda de ces distractions en faveur du comte de Vaudreuil. On lui attribua, en outre, le financier Galonné, qu'elle avait portraituré jusqu'à mi-jambes, ce, qui inspirait ce méchant mot à Sophie Arnould : rpt'elle lui avait fait couper les jambes

afin qu'il restât en place. On insinua d'autres médisances contre sa vertu; fondées ou non, une femme de tant de charme et de mérite se devait, en somme, des compensations pour un mariage, qui ne fut pas heureux.

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