BERRYER (PIERRE-ANTOINE
L'un des maîtres du barreau, avant de devenir et de rester, pendant vingt ans, le dominateur des assemblées politiques. Partisan de la Légitimité, adversaire redoutable de la monarchie de Juillet, il demeura fidèle jusqu'au terme de sa vie à la cause du droit divin. Sous le prétexte de la mieux sei'vir, il s'était fait l'homme de toutes les oppositions, d'où le mot qu'il inspira : « Après s'être montré plus royaliste que le roi, il était devenu j)lus libéral que la liberté. » Il séduisait plus qu'il ne persuadait; il agitait les passions sans les conduire. La parole ardente de Berryer, sa voix sonore, ses accents inattendus lui livraient les âmes. On se ressaisissait en le lisant. Moindre était la puissance de l'écrivain, moins
irréprochable la pureté de sonstjle. Le puissant orateurn'eut pas toujours le don des alliances heureuses, par exemple lorsqu'il osait cette image, dans un discours sur l'hérédité de la pairie : œ Abolii- l'hérédité de la pairie, c'est proscrire la véritable base du lien social. » Un railleur exprima le "vœu que l'Académie française ne manquât pas d'adjoindre Berryer à la Commission du Dictionnaire pour préparer l'article Métaphore. Il ne tarda pas, du reste, à être appelé sous la Coupole. Comme on le félicitait du succès de sa candidature académique. « Oh! mon Dieu, dit-il, ces ynessieiirs n'ont pas été exigeants, je n'ai eu qu'à parler. »