‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 26 sur 130 · BERNADOTTE · texte numérisé non relu

BERNADOTTE

Sergent-major en Corse, en 1789. Divisionnaire à Fleurus, en 1794. II changea de nom pour s'appeler, à partir de 1818, Charles-Jean XIV, roi de Suède et de Norvège.

On a souvent décrit les perpétuelles fluctuations de ce soldat heureux. C'était bien Vhomme fin et toujours fin, que rappelait Sieyès, mais aussi l'homme hésitant, qu'on vit au 18 fructidor, au 30 prairial, en brumaire, poussant les autres et chaque fois, laissant passer l'occasion d'agir. En 1814, il ne s'était décidé qu'après bien des tergiversations, où le patriotisme n'était pas seul en cause, à se joindre à la coalition. En ses arrièresvues trop ambitieuses, n'espérait-il pas devenir le successeur de Napoléon renversé? Les alliés se méfiaient de ses promesses écrites, autant que de ses paroles, où sonnait l'emphase méridionale. L'écrivain allemand Schlegel, racontant dans une conversation les gasconnades et les chimères de Bernadotte, ajoutait, en forme de conclusion : « C'est un merle (/ui se croit un aigle. »

Page 1