BONAPARTE (CAROLINE
Turbulente et passionnée, avide de plaisir, mais plus encore de puissance et de domination, autoritaire et calculatrice, la sœur de Napoléon et la femme de Murât, était digne de s'entendre avec Metternich, dont la
politique amoureuse faisait dire que /a reine de \aples était sa Cléopàtre. C'est elle qui poussa Murât à hausser ses désirs jusqu'au sceptre; c'est elle aussi qui l'excita à secouer la tutelle de Napoléon, à gouverner par lui-même et pour lui-même. Lorsque les premiers craquements de l'édiilce impérial l'auront avertie des contre coups de la chute, elle ne se résignera point aisément à se laisser dessaisir des prérogatives de la couronne, à ne plus régner, à retomber du rêve de gloire, de puissance, d'éclat, où se plaisent son intelligence, sa beauté, son ambition. La sœur préférée de Napoléon, elle cessa de s'en souvenir du jour où elle eut à démêler ses intérêts en souffrance de ceux du grand empereur irrémédiablement compromis. Ce fut véritablement Caroline qui prit sur elle, en novembre 1813, d'entrer en négociations avec l'Autriche et de mettre : elle, son mari, son peuple et son trône sous la protection de cette puissance ennemie. Talleyrand n'avait pas dit sans raison de Caroline Bonaparte qu'elle avait la tète de Croinwell sur le corps d'une jolie femme.